mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403807 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GHANASSIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2024, M. B, représenté par Me Ghanassia, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer, dans un délai de vingt-quatre heures un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros qui sera versée à Me Ghanassia sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
3°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
Il soutient que :
- sa situation est urgente ;
- l'absence d'exécution par le préfet de l'Isère de l'arrêt du 23 janvier 2023 de la cour administrative d'appel de Lyon qui lui a enjoint de lui délivrer une carte de séjour temporaire porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au travail, au respect de sa vie privée et familiale et à la préservation de l'intérêt supérieur de son enfant ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2024 le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer sur la requête et au rejet des conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens ;
Il fait valoir qu'il va délivrer à M. B un titre de séjour valable du 16 mai 2024 au 15 mai 2025 ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 4 juin 2024 à 14h45.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry, juge des référés
- et les observations de Me Ghanassia, représentant M. B.
A l'audience, en réponse aux observations du mémoire en défense, M. B a précisé qu'il ne dispose pour l'heure d'aucun document lui permettant de justifier de son droit au séjour et au travail alors qu'un employeur est disposé à le recruter sans délai. Il soutient que, dès lors, les conclusions à fin de non-lieu à statuer doivent être rejetées et demande que soit enjoint au préfet de l'Isère de le convoquer dans un délai de quarante-huit heures pour lui remettre le titre de séjour annoncé, ou subsidiairement, qu'il lui délivre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il précise que s'agissant des conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens, il demande subsidiairement que la somme réclamée à ce titre lui soit versée dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, né en 1978, expose que par un arrêt du 23 janvier 2024, la cour administrative d'appel de Lyon a annulé la décision du préfet de l'Isère refusant de renouveler son titre de séjour et a enjoint cette autorité de lui délivrer, dans un délai de deux mois, un carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". En dépit de tentatives réitérées d'obtenir un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail, aucun document l'autorisant à séjourner sur le territoire français et à y travailler ne lui a été délivré par le préfet de l'Isère. En réponse aux conclusions de M. B demandant au juge des référés d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, ce dernier a informé le tribunal qu'il allait délivrer à M. B une carte de séjour temporaire valable un an à compter du 15 mai 2024. M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, que soit enjoint au préfet de l'Isère de le convoquer à bref délai afin de lui remettre ce titre.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
4. Il résulte de l'instruction que l'arrêt susmentionné de la cour administrative d'appel de Lyon enjoignant au préfet de l'Isère de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire dans un délai de deux mois a été rendu public par mise à disposition du greffe le 23 janvier 2024. Il n'est pas discuté par le préfet de l'Isère que le délai de deux mois qui lui a été accordé pour exécuter l'injonction est écoulé depuis plusieurs semaines. Il n'est pas davantage discuté que depuis que la validité de son dernier titre de séjour est expirée, M. B ne dispose d'aucun document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et d'un droit au travail sur le territoire français. Une telle situation place M. B, qui est dépourvu de revenus alors qu'il doit faire face à des charges de familles, liées notamment à l'éducation de ses enfants, dans une situation de grave précarité. Il justifie ainsi d'une situation d'urgence particulière au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. L'absence d'exécution des prescriptions de l'arrêt susmentionné de la cour administrative d'appel de Lyon constitue dans ces circonstances une atteinte grave et manifestement illégale au droit au travail de M. B et à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
5. Si le préfet de l'Isère indique qu'un titre de séjour valable un an sera délivré à M. B, il ne donne aucune indication ni sur le délai dans lequel ce titre lui sera remis, ni sur les modalités de sa délivrance.
6. Par suite M. B est fondé à soutenir que la seule information de la future délivrance de ce titre n'est pas de nature à faire cesser l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale relevée ci-dessus et ne prive pas d'objet ses conclusions à fin d'injonction.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, pour faire cesser l'atteinte grave et manifestement illégale en cause, de prescrire au préfet de convoquer M. B à un rendez-vous qui devra intervenir dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification de la présente ordonnance afin que lui soit remis le titre de séjour annoncé dans le mémoire en défense.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
9. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " Les auxiliaires de justice rémunérés selon un tarif peuvent renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre contre la partie condamnée aux dépens et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle le recouvrement des émoluments auxquels ils peuvent prétendre. / Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. () "
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
11. Il y a lieu, sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 600 euros à Me Ghanassia, avocate de M. B, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, la même somme sera directement versée à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de convoquer M. B à un rendez-vous qui devra intervenir dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification de la présente ordonnance afin que lui soit remis le titre de séjour annoncé par le préfet de l'Isère.
Article 3 :Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle l'Etat versera la somme de 600 euros à Me Ghanassia en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B, la même somme lui sera versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Ghanassia.
Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 4 juin 2024.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24038072
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026