mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403870 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juin 2024, Mme A, représentée par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 8 janvier 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à son profit ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de la rétablir dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du mois de novembre 2023 dans un délai de 48 heures sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'erreur de fait, d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure au regard de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'OFII n'a pas procédé à une quelconque évaluation de la vulnérabilité de Mme A, et n'a pas non plus procédé à un entretien personnel avec elle avant l'édiction de la décision contestée ;
- la décision est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'erreur manifeste d'appréciation ; elle est en situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête de Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 31 octobre 2024.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Sauveplane, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 10 août 2002 à Abidjan, est entrée en France pour déposer une demande d'asile le 11 août 2021. Elle a accepté le 22 novembre 2021 le bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par une décision du 27 avril 2022, la directrice territoriale de l'Office lui a signifié la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Ultérieurement sa demande a été enregistrée le 31 octobre 2023 en procédure accélérée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par lettre du 8 novembre 2023, elle a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par la décision attaquée du 15 mai 2024, la directrice territoriale de l'Office a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil au profit de Mme A.
2. Il ressort des pièces du dossier que, pour notifier une décision de cessation des conditions matérielles d'accueil, la directrice territoriale de l'Office s'est fondée sur la circonstance que Mme A avait été déclarée en fuite par la préfecture du Rhône le 18 mars 2022 en raison de sa carence à se présenter à l'embarquement d'un vol à destination de l'Espagne, pays responsable de l'examen de sa demande d'asile en vertu du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride.
3. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les circonstances de fait et de droit qui la fondent. Par suite, elle est suffisamment motivée.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. "
5. D'une part, Mme A ayant fait l'objet d'une évaluation de sa vulnérabilité le 15 avril 2024, préalablement à la prise de la décision contestée du même jour, le moyen tiré du vice de procédure en raison de l'absence d'évaluation de sa vulnérabilité manque en fait.
6. D'autre part, pour justifier son absence à l'embarquement du vol à destination de l'Espagne, Mme A se borne à faire valoir un trouble anxio-dépressif réactionnel. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier ni que cet état de santé aurait été de nature à l'empêcher d'embarquer à destination de l'Espagne ni que des soins étaient nécessaires en France ou encore qu'il n'aurait pas été possible de poursuivre ces soins en Espagne. Enfin, la circonstance qu'elle est en situation de vulnérabilité ne saurait, à elle-seule, justifier le rétablissement des conditions matérielles d'accueil dès lors que l'Office doit également prendre en compte " les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. " Par suite, en refusant de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, la directrice territoriale de l'Office n'a commis ni erreur de droit ni erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demande l'annulation de la décision de la directrice territoriale de l'Office refusant de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions accessoires à fin d'injonction et les conclusions de son avocat tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de Me Mathis tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme A, à Me Mathis, et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme C, première-conseillère,
- Mme B, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne,
C. C
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026