Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2403925
vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403925 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Borges de Deus Correia, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui fixer un rendez-vous et de lui délivrer un nouveau récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est dans une situation urgente ;
- l'absence de tout document lui permettant de justifier de son droit au séjour et d'occuper un emploi, porte une atteinte grave et manifestement illégale à plusieurs des libertés fondamentales qui lui sont reconnues ;
Vu :
* les autres pièces du dossier ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Le même code dispose à son article L. 522-1 que : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " ; à son article L. 522-3 que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " et, enfin, à son article R. 522-1que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. " ;
2. Mme A, ressortissante kenyane, expose qu'arrivée en France en 2006, elle disposait d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 28 février 2023 dont elle a demandé le renouvellement le 10 février 2023. Le dernier récépissé de demande de titre de séjour qui lui a été délivré dans le cadre de l'instruction de cette demande a expiré le 14 avril 2024 sans être renouvelé. Alors que les services de préfecture lui ont indiqué que la prise de rendez-vous, nécessaire pour obtenir ce renouvellement, ne pouvait être effectuée que par internet, Mme A ne justifie par aucune pièce de l'impossibilité à laquelle elle aurait été confrontée d'obtenir un tel rendez-vous. Ne justifiant pas de l'accomplissement de telles démarches, elle n'est pas fondée à soutenir que l'absence de renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale la concernant.
3. Dans ces conditions, Mme A ne justifiant pas qu'elle remplit les conditions de l'intervention d'une mesure de référé dans les quarante-huit heures, il y a lieu de rejeter sa requête selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A.
Fait à Grenoble, le 7 juin 2024.
Le juge des référés,
P. Thierry
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24039252