Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2404005

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2404005
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, transmise par le service civil du parquet près le tribunal judiciaire de Chambéry, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Grenoble le 6 juin 2024, M. B A forme un recours contre l'arrêté notifié le 24 août 2021 par lequel le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et demande la révision de sa situation.

Il soutient qu'il souhaite régulariser sa situation en Espagne où il s'est installé et où il a récemment obtenu un titre de séjour sous réserve de toute mention d'expulsion sur son casier judiciaire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'obligation de quitter sans délai le territoire français dont a fait l'objet M. A lui a été notifiée le 24 août 2021. Le délai de recours est ainsi expiré. A supposer que le requérant ait entendu demander l'annulation de cette décision, ces conclusions doivent être rejetées en raison de leur tardiveté.

3. En second lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". Il résulte de ces dispositions que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d'annulation d'une décision administrative ou à fin de condamnation de l'administration au paiement d'une indemnité. En dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n'appartient au juge administratif ni d'adresser des injonctions à l'administration ni de faire lui-même œuvre d'administrateur en se substituant à celle-ci.

4. Il résulte du point précédent qu'il n'appartient pas au tribunal de procéder lui-même à la révision de la situation de M. A. Il appartient à ce dernier, s'il entend obtenir l'arrêt des effets des décisions prises à son encontre par le préfet de la Savoie ou de celle-ci, de le demander à cette autorité administrative et, le cas échéant, s'il s'en croit fondé, de contester devant le tribunal une éventuelle décision de refus.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Grenoble, le 12 juin 2024.

Le président,

T. PFAUWADEL

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.