Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2404196

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2404196
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme B, qui contestait son exclusion d’un service public et demandait 6 000 euros de dommages et intérêts. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait aucune demande d’annulation d’une décision administrative précise, en méconnaissance de l’article R. 421-1 du code de justice administrative. Les conclusions indemnitaires ont également été rejetées, faute de demande préalable auprès de l’administration et de moyens suffisants pour caractériser une illégalité fautive. L’ordonnance se fonde sur les 4° et 7° de l’article R. 222-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 mai 2024, Mme B forme devant le tribunal un recours suite à son exclusion d'un service public et demande l'allocation de dommages et intérêts en réparation de ses préjudices moral et corporel à hauteur de 6 000 euros.

Elle soutient que la décision rejetant son recours gracieux méconnaît la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, les lois n° 98-657, 2002-2, 2005-102.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 7 ° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ". ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".

3. Le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l'administration est engagée.

4. Mme B forme devant le tribunal un recours suite à son exclusion d'un service public. Toutefois, la requête présentée par Mme B ne contient aucune demande tendant à l'annulation d'une décision administrative en particulier, ce en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. A supposer que Mme B ait entendu demander l'annulation de différentes mesures d'exclusion temporaire des activités collectives organisées par une maison des habitants et des espaces de vie sociale de la ville de Grenoble intervenues entre décembre 2022 et décembre 2023, ainsi que du courrier du 24 avril 2024 rejetant son recours gracieux, le moyen selon lequel la décision rejetant son recours gracieux méconnaît la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, les lois n° 98-657, 2002-2, 2005-102, est dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. La requête n'a été suivie dans le délai de recours contentieux, qui doit être regardé comme ayant commencé à courir au plus tard à compter de sa date d'enregistrement, d'aucune production explicitant ou comportant d'autres moyens.

5. Si Mme B demande, également, l'allocation de dommages et intérêts en réparation de ses préjudices moral et corporel à hauteur de 6 000 euros, il lui appartenait, toutefois, en application des dispositions citées au point 2, de saisir l'administration d'une demande préalable. En l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par la requérante ou pour son compte, tendant au versement d'une somme d'argent, sa requête est irrecevable. Mme B n'assortit pas davantage, en l'état, ses conclusions indemnitaires, de moyens de nature à caractériser une illégalité fautive en raison du manquement à une règle de droit de nature à lui ouvrir droit à une indemnisation.

6. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de Mme B en application des dispositions des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B .

Fait à Grenoble le 17 septembre 2024.

Le président de la 6ème Chambre,

C.Vial-Pailler

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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