Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2404319

lundi 3 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2404319
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. A pour obtenir une injonction de convocation en préfecture afin de déposer une demande de titre de séjour. Le tribunal constate que M. A a été convoqué le 3 juillet 2024, rendant sans objet sa demande d'injonction. Il rejette le surplus des conclusions, estimant que le refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour ne peut être contesté dans le cadre de ce référé, car cela ferait obstacle à une décision administrative. Les demandes de frais de justice sont également rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juin 2024 et un mémoire enregistré le 23 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Vadon, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner à la préfète de l'Isère, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de le convoquer pour un rendez-vous sous 15 jours maximum sous astreinte de 200 euros par jour de retard passé ce délai, afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2024, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions en injonction et au rejet des conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 15 octobre 2024,

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été convoqué à la préfecture de l'Isère le 3 juillet 2024. Les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Isère de le convoquer sont par suite devenues sans objet.

4. M. A soutient que le 3 juillet 2024, il s'est vu refuser l'enregistrement de sa demande de titre de séjour vie privée et familiale au motif qu'il ne pouvait solliciter qu'un titre de séjour " salarié " et que son dossier était incomplet en l'absence d'autorisation de travail. Toutefois, il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de faire obstacle à cette décision de refus d'enregistrement de demande de titre de séjour.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions de M. A tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Isère de le convoquer.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au Ministre de l'intérieur. Copie en sera délivrée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 3 février 2025

Le juge des référés,

T. Pfauwadel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.