mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2404550 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, M. D A, représenté par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 26 novembre 2023 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil entre le 10 août et le 7 novembre 2023 dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à venir sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente décision ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'erreur de fait, d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure au regard de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnait les articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 novembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- une décision explicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire ayant été prise, le 16 novembre 2023, il y a lieu de rediriger les conclusions de la requête contre cette décision ;
- sa première demande d'asile a été clôturée par l'OFPRA le 1er avril 2022 et il a présenté une nouvelle demande d'asile le 10 août 2023.
- Il est constant que le demandeur d'asile peut demander la réouverture de son dossier, dans un délai de neuf mois. Si le demandeur d'asile dépose une demande d'asile postérieurement au délai de neuf mois, cette demande d'asile est considérée comme une demande de réexamen selon l'article L. 531-40 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, pour ce seul motif, et en l'absence de vulnérabilité caractérisée, l'Office était fondé à prendre à l'encontre du requérant une décision de refus des conditions matérielles d'accueil
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale le 26 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Sauveplane, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant de nationalité afghane né le 13 octobre 2003 à Baghlan (Afghanistan), est entré en France le 9 septembre 2021 et a déposé une demande d'asile en même temps que ses parents. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire à ses parents le 17 mai 2023. Devenu majeur, sa demande d'asile a été dissociée de celle du reste des membres de sa famille et il a été convoqué par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 24 octobre 2023 et il a été reconnu comme réfugié le 6 novembre 2023. Toutefois, la préfecture de l'Isère lui avait préalablement délivré une attestation de demandeur d'asile en procédure accélérée de " réexamen " et par une décision du 10 août 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il sollicitait le réexamen de sa demande d'asile. M. A a alors formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision et une décision implicite de rejet est née le 16 novembre 2023 dont il demande l'annulation. Toutefois, l'Office français de l'immigration et de l'intégration fait valoir en défense qu'une décision explicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire a été prise, le 16 novembre 2023. Il y a donc lieu de rediriger les conclusions de la requête contre cette décision.
2. Il ressort des mentions de la décision du 16 novembre 2023 du directeur général de l'Office de l'immigration et de l'intégration que, pour refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, ce dernier a relevé que M. A avait présenté une première demande le 28 septembre 2021 et que cette demande avait été clôturée le 1er avril 2022 et qu'il avait présenté une demande de réexamen l0 août 2023.
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la demande d'asile est présentée par un étranger qui se trouve en France accompagné de ses enfants mineurs, elle est regardée comme présentée en son nom et en celui de ses enfants. " L'article L. 551-15 du même code prévoit dans sa rédaction applicable au litige : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; " A ceux de l'article L. 531-41 du même code alors en vigueur : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure. "
4. Il ressort des pièces du dossier que, lors de l'enregistrement de la requête des parents de M. A le 28 septembre 2021, ce dernier était encore mineur et sa demande n'était pas dissociable de celle de ses parents. Si sa demande a été clôturée le 1er avril 2022, il s'agissait d'une clôture destinée uniquement à dissocier sa demande de celle de ses parents dès lors qu'il était devenu majeur depuis le 13 octobre 2021, et à permettre l'examen autonome de sa demande d'asile. Mais à cette date, aucune décision définitive de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides n'avait été prise sur la demande de M. A. La décision définitive de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides n'est intervenue que le 6 novembre 2023. Par suite, sa demande enregistrée le 10 août 2023 ne constituait pas une demande de réexamen au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la décision est entachée d'erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 16 novembre 2023 du directeur général de l'Office de l'immigration et de l'intégration.
6. L'exécution de la présente décision implique nécessairement de rétablir M. A dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil entre le 10 août 2023 et le 7 novembre 2023 dans un délai de 2 mois à compter de la notification de la présente décision. Il y a donc lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir ainsi dans ses droits sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les conclusions étant dirigées contre l'Etat, qui n'est pas partie à l'instance, elles ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :La décision du 16 novembre 2023 est annulée.
Article 2 :Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir M. A dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil entre le 10 août 2023 et le 7 novembre 2023 dans un délai de 2 mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Mathis et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme C, première-conseillère,
- Mme B, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne,
C. C
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026