Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2404901

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2404901
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par M. B d’une demande d’effacement d’une mention de condamnation figurant sur le bulletin n°2 de son casier judiciaire. Le tribunal a rejeté la requête comme portée devant un ordre de juridiction incompétent, estimant que cette demande relève de la compétence du procureur de la République en application de l’article R. 70-3 du code de procédure pénale. La solution retenue est un rejet pour incompétence de la juridiction administrative, fondé sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 juillet 2024, M. B demande au tribunal de procéder à l'effacement de la mention de la condamnation de 2001 qui figure sur le bulletin n°2 de son casier judiciaire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".

2. Selon l'article R. 70-3 du code de procédure pénale : " Les fiches du casier judiciaire national automatisé sont effacées dans les cas suivants () Lorsque l'intéressé a obtenu une décision de rectification du casier judiciaire, le retrait se fait, selon le cas, à la diligence du procureur général ou du procureur de la République près la juridiction qui a statué ; ".

3. M. B demande au tribunal l'effacement de la mention de sa condamnation dans le bulletin n°2 de son casier judiciaire, laquelle a justifié le refus de sa carte VTC par le préfet de la Haute-Savoie. Or, une telle demande relève de la compétence du procureur de la République, en application des dispositions précitées de l'article R. 70-3 du code de procédure pénale. Par suite, la requête de M. B, ne relevant pas de la compétence de la juridiction administrative, a été portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître et ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête présentée par M. B est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Grenoble le 17 septembre 2024.

Le président de la 1ère chambre,

P. Thierry

La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2404901