Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2405077

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2405077
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a été saisi par M. B d’une demande d’injonction visant à contraindre la communauté d’agglomération Thonon agglomération à réparer une conduite d’adduction d’eau potable. Le tribunal a rejeté la requête comme portée devant un ordre de juridiction incompétent. Il a estimé que le litige, né d’un contrat d’abonnement à un service public industriel et commercial, relève de la compétence du juge judiciaire, et non du juge administratif. Cette solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 juillet 2024, M. A B, représenté par M. C, demande au tribunal d'enjoindre à la communauté d'agglomération Thonon agglomération de réaliser les travaux de réparations de la conduite d'adduction d'eau potable à ses frais et dans les plus brefs délais, conformément aux règles en vigueur.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".

2. Eu égard aux rapports de droit privé nés du contrat d'abonnement qui lie le service public industriel et commercial de distribution d'eau potable à l'usager, il n'appartient qu'à la juridiction judiciaire, sous réserve d'éventuelles questions préjudicielles sur la légalité du règlement du service, de connaître des litiges nés à l'occasion de la fourniture de la prestation due par le service à l'intéressé, alors même qu'il s'agirait de dommages trouvant leur origine dans un vice affectant le branchement particulier qui dessert l'usager ou dans un incident survenu en amont du branchement particulier. Dès lors, la requête de M. B, qui tend à obtenir la réparation de la conduite d'adduction d'eau potable à sa propriété, ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative et doit donc être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Grenoble, le 24 septembre 2024.

Le président de la 4ème chambre

T. Pfauwadel

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision