Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2405109
vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2405109 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Badescu, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 juin 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour " salarié " en application de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros TTC au titre de l'article L. 761-1 du Code de Justice Administrative et ce, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 11 juillet 1991.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ". Aux termes de l'article L. 614-5 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. / () Lorsque l'étranger conteste une décision portant obligation de quitter le territoire, fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 et une décision relative au séjour intervenue concomitamment, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin statue par une seule décision sur les deux contestations ". Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " () Conformément aux dispositions de l'article L. 614-5 du même code, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de quinze jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. () ". Aux termes de l'article R. 776-5 du même code : " II. - () les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation ". Enfin, aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours par un arrêté du 4 juin 2024 du préfet de l'Isère, qui a été pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif notamment que l'intéressé, dont la demande d'asile a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 17 octobre 2022 confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 25 janvier 2024, ne bénéficie plus du droit au maintien sur le territoire national. Il ressort également des pièces du dossier que cet arrêté, qui mentionnait le délai de quinze jours imparti pour introduire un recours contentieux, a été notifié au requérant par lettre recommandée avec accusé de réception et que l'intéressé en a pris connaissance le 13 juin 2024. Dans ces conditions, le délai de recours contentieux de quinze jours prévu par les dispositions précitées a été déclenché à compter de cette notification. Or, la requête tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 4 juin 2024 n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif que le 11 juillet 2024, soit postérieurement à l'expiration de ce délai. Par application des dispositions précitées, la circonstance que M. A B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 12 juillet 2024, au surplus postérieurement à l'introduction de sa requête, est sans incidence sur le délai de recours contentieux. Il s'ensuit, que la requête est tardive et, par suite, entachée d'une irrecevabilité manifeste.
4. Dès lors, la requête de M. A B est manifestement irrecevable et doit, par suite, être rejetée comme telle en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
5. La requête de M. A B étant irrecevable, pour les raisons développées ci-dessous, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie sera transmise au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble le 12 juillet 2024.
Le président de la 6ème Chambre,
C. Vial-Pailler
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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