Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2405350

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2405350
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. B qui contestait la décision "48SI" du 4 juillet 2024 du ministre de l'intérieur. Cette décision retirait trois points de son permis de conduire pour une infraction commise le 7 février 2024 et constatait la nullité de son permis faute de points. Le requérant soutenait que l'enregistrement tardif de cette infraction, postérieur au 16 mai 2024, était illégal. Le tribunal a jugé ce moyen inopérant, rappelant qu'aucun délai n'est imposé au ministre pour enregistrer les infractions et notifier les retraits de points, en application des articles L. 223-1 du code de la route et R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2024, M. A B demande au tribunal l'annulation de la décision " 48SI " du 4 juillet 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et de l'outre-mer a retiré trois points suite à l'infraction commise le 7 février 2024 à 15h58 à Grenoble, lui a renotifié les retraits de points précédents et l'a informé que son permis était nul faute de points.

Il soutient qu'il n'a commis aucune infraction après le 16 mai 2024, date à laquelle il disposait encore de trois points.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

2. Il résulte des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route que le nombre de points du permis de conduire est réduit de plein droit lorsque la réalité d'une infraction entraînant un retrait de points est établie par le paiement de l'amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou une condamnation pénale devenue définitive, et que le permis perd sa validité lorsque le nombre de points est nul. Aucune disposition n'impartit un délai au ministre de l'intérieur pour enregistrer les infractions sur le fichier national du permis de conduire et pour notifier à l'intéressé le retrait de points qui en résulte et, le cas échéant, la perte de validité de son permis. Dans ces conditions, M. B ne peut utilement soutenir que la tardiveté de l'enregistrement de la décision portant retrait de points suite à l'infraction du 7 février 2024, postérieurement au 16 mai 2024 entache d'illégalité la décision invalidant son titre de conduite. Par suite, l'unique moyen de la requête étant inopérant, la requête de M. B peut être rejetée en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Fait à Grenoble, le 16 octobre 2024.

Le président,

J. P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.