Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2405473

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2405473
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté comme tardive la requête de M. C, qui demandait l’annulation du refus du préfet de la Loire-Atlantique d’échanger son permis de conduire algérien contre un permis français. Le juge a constaté que le délai de deux mois pour contester la décision implicite de rejet de son recours gracieux, né le 23 janvier 2024, expirait le 24 mars 2024, alors que la requête n’a été enregistrée que le 22 juillet 2024. Cette irrecevabilité manifeste a été prononcée sur le fondement des articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative, ainsi que des articles L. 111-6 et R. 112-5 du code des relations entre le public et l’administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2024, M. A C demande au tribunal d'annuler la décision du 28 septembre 2023 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande d'échange de son permis de conduire algérien contre un permis français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- à titre principal, la requête est tardive ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () ".

2. En vertu du premier alinéa de l'article R. 421-1 de ce code, le recours formé contre une décision administrative doit être présenté dans le délai de deux mois à compter de sa notification ou de sa publication. Selon l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. " Le premier alinéa de l'article L. 111-6 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation. " Aux termes de l'article R. 112-5 du même code : " L'accusé de réception prévu par l'article L. 112-3 comporte les mentions suivantes : / 1° La date de réception de la demande et la date à laquelle, à défaut d'une décision expresse, celle-ci sera réputée acceptée ou rejetée ; / () / Il indique si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet ou à une décision implicite d'acceptation. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision. () " Selon le premier alinéa de l'article 421-2 du code de justice administrative : " () dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () " Sauf le cas où des dispositions législatives ou réglementaires ont organisé des procédures particulières, toute décision peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours dudit délai.

3. M. C a sollicité le 22 juin 2022 l'échange de son permis de conduire algérien contre un permis français. Sa demande a fait l'objet d'une décision de rejet en date du 28 septembre 2023 dont il a pris connaissance le jour même. M. B a introduit un recours gracieux le 17 novembre dont le préfet a accusé réception le 23 novembre 2023. Cet accusé de réception, envoyé à l'adresse mail du requérant, mentionnait que son recours gracieux était susceptible de faire l'objet d'une décision implicite de rejet implicite en cas de silence gardé par l'administration dans un délai de deux mois à compter du 23 novembre 2023. Une décision implicite de rejet est née le 23 janvier 2024. Par suite, M. B avait jusqu'au 24 mars 2024 pour demander l'annulation tant de la décision initiale que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

4. Dès lors, la présente requête enregistrée au greffe le 22 juillet 2024 est tardive, sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'il ait déposé le 7 juin 2024 un nouveau recours gracieux.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en application du 4° précité du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur.

Copie sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique

Fait à Grenoble, le 7 octobre 2024.

Le président,

J. P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.