Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2405653

lundi 25 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2405653
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantGHANASSIA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par Mme A, ressortissante ivoirienne, d’un recours pour excès de pouvoir contre le rejet implicite de sa demande de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle pour soins. En cours d’instance, la préfète de l’Isère a délivré le titre sollicité, valable de 2025 à 2028. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions d’annulation et d’injonction, et a rejeté la demande de frais irrépétibles présentée par l’avocat de la requérante au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2024, Mme D A, représentée par Me Ghanassia, demande au tribunal :

1°) d'annuler le rejet implicite, par le préfet de l'Isère, de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle formée le 13 mars 2024 ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, à titre principal, de lui délivrer la carte de séjour sollicitée dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 500 euros par jour de retard passé ce délai et, à titre subsidiaire, de lui délivrer un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 24 heures et sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision n'est pas motivée ;

- elle méconnait les articles L.425-9 et L.433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait le droit au respect de sa vie privée et familiale consacré par l'article 9 du code civil, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnait le droit de recevoir les traitements et soins les plus appropriés à son état de santé.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 décembre 2024 et le 6 juin 2025, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer. Elle fait valoir en dernier lieu qu'elle a délivré à Mme A un titre de séjour pluriannuel valable du 29 janvier 2025 au 28 janvier 2028.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 16 janvier 2025.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique en l'absence des parties.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D A, ressortissante ivoirienne âgée de 72 ans, déclare être entrée régulièrement en France en 2010. Le 13 mars 2024, elle a demandé le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle valable du 4 juin 2021 au 3 juin 2024, délivrée au titre de la vie privée et familiale en qualité d'étrangère malade. Elle demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Il ressort des pièces du dossier qu'en cours d'instance, la préfète de l'Isère a délivré à Mme A le titre de séjour pluriannuel sollicité. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation et d'injonction de sa requête.

Sur les conclusions de Me Ghanassia tendant à l'application de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 :

3. Mme A ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, son conseil peut se prévaloir de l'article 37 de loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Toutefois, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Me Ghanassia sur ce fondement.

D E C I D E :

Article 1er :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions d'annulation et d'injonction de la requête de Mme A.

Article 2 :Les conclusions de Me Ghanassia tendant à l'application de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 sont rejetées.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Me Ghanassia et à la préfète de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 17 juin 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Sauveplane, président,

- Mme C, première-conseillère,

- Mme B, première-conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 août 2025.

La rapporteure,

E. B

Le président,

M. Sauveplane

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.