Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2405655

mardi 27 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2405655
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Avocat requérantSCHURMANN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, saisi d’une demande d’exécution de son ordonnance du 18 septembre 2023, a prononcé une astreinte de 200 euros par jour à l’encontre du préfet de l’Isère pour inexécution de l’injonction de réexaminer la demande de regroupement familial de M. A. La juridiction a constaté que le préfet n’avait pas justifié de l’exécution de cette décision, malgré le délai de trois mois imparti. Cette solution est fondée sur l’article L. 911-4 du code de justice administrative, qui permet d’assortir une injonction d’une astreinte en cas d’inexécution.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une demande enregistrée le 27 décembre 2023, M. A, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal d'assurer l'exécution de l'ordonnance n° 2305573 du 18 septembre 2023 en prononçant une astreinte.

Par une ordonnance en date du 18 juillet 2024, le président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 27 août 2024 à 11 heures 15, tenue en présence de M. Ribeaud, greffier d'audience, Mme Triolet a lu son rapport et entendu les observations de Me Combes, substituant Me Schürmann et représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Dans son article 2, l'ordonnance n° 2305573 du 18 septembre 2023 enjoint au préfet de l'Isère de réexaminer la demande de regroupement familial de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance. Cette ordonnance a été notifiée le 18 septembre 2023.

3. Le préfet n'a pas défendu et ne s'est pas présenté à l'audience. La simple copie d'écran produite et qui semble relative au renouvellement du titre de séjour de dix ans de M. A n'est pas de nature à établir une quelconque exécution de l'ordonnance. Ainsi, il y a lieu d'assortir les prescriptions de celle-ci d'une astreinte de 200 euros par jour jusqu'à la date à laquelle l'ordonnance précitée aura reçu exécution.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre du préfet de l'Isère s'il ne justifie pas avoir exécuté l'ordonnance n° 2305573 du 18 septembre 2023. Le taux de cette astreinte est fixé à 200 euros par jour, à compter de la notification de la présente ordonnance et jusqu'à la date de cette exécution.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère

Fait à Grenoble, le 27 août 2024.

La juge des référés,

A. Triolet

Le greffier,

S. Ribeaud

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.