Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2405811

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2405811
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL DEHAN SCHINAZI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A, qui contestait des décisions de retrait de points sur son permis de conduire et la décision "48SI" d'invalidation de ce permis. Le juge a constaté que la requête, enregistrée le 31 juillet 2024, était tardive, car la décision d'invalidation avait été notifiée le 11 mars 2020 avec mention des voies et délais de recours. En application des articles R. 222-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et celles fondées sur l'article L. 761-1 du même code ont été rejetées comme manifestement irrecevables.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2024, M. B A, représenté par la Selarl Dehan et Schinazi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet du ministère de l'intérieur ;

2°) d'annuler les décisions non datées et non notifiées du ministre de l'intérieur prononçant la perte de points sur le capital affectant son permis de conduire du 6 juillet 2020, du 3 juillet 2020, du 12 mai 2020, du 18 février 2020, du 2 septembre 2020, du 31 janvier 2020, du 15 novembre 2019, du 12 juin 2019, du 9 septembre 2019, du 27 janvier 2019 et du 29 mars 2018 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de créditer les points afférant sur son permis de conduire ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les décisions notifiant les infractions méconnaissent les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête est tardive ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

2. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de l'action introduite devant un tribunal administratif, d'établir que l'intéressé a régulièrement reçu notification de la décision le concernant.

3. Il résulte de l'instruction et notamment de l'avis de réception produit par le ministre, que le pli de notification de la décision " 48SI " portant invalidation du permis de conduire de M. A envoyé à l'adresse du domicile du destinataire, lui a été distribué le 11 mars 2020. Cette même décision, établie selon un modèle-type et dont le ministre fournit une copie, comporte au verso la mention des voies et délais de recours. Ainsi, le délai de recours contentieux a commencé à courir au plus tard le 11 mars 2020. Dans ces conditions, le ministre est fondé à soutenir que les conclusions de la requête à fin d'annulation présentée par M. A à l'encontre de la décision " 48SI " contestée ainsi que les décisions de retrait de points du 12 juin 2019, du 27 janvier 2019 t du 29 mars 2018 ayant conduit à cette situation, enregistrée au greffe du tribunal le 31 juillet 2024 sont tardives et doivent être rejetées en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative précité, ainsi, par voie de conséquence, que celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Grenoble, le 24 septembre 2024.

Le président,

J. P WYSS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.