mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARLU JEAN-MARC PETIT-AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 août 2024 et le 10 septembre 2024, Mme D, représentée par Me Fiat, demande au juge des référés de mettre fin, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 15 février 2024 du maire de la commune de Val d'Isère décidée par ordonnance du juge des référés n°2404885-2404891 du 26 juillet 2024.
Elle fait valoir qu'elle a obtenu un permis de construire modificatif par arrêté du maire de Val d'Isère du 8 août 2024 ; ce permis a régularisé les vices tirés de la méconnaissance de l'article R. 431-16 e) et f) du code de l'urbanisme ; il régularise également le vice retenu tiré de la méconnaissance des articles L. 151-33 du code de l'urbanisme et UC 12 du plan local d'urbanisme en démontrant l'impossibilité technique de réaliser plus de places de stationnement sur le tènement.
Par des mémoires enregistrés le 30 août 2024 et le 10 septembre 2024, la commune de Val d'Isère, représentée par Me Petit, conclut à la levée de la suspension prononcée.
Elle fait également valoir que les vices du permis initial ont été régularisés par le permis de construire modificatif délivré.
Par des mémoires enregistrés 4 septembre 2024 et le 9 septembre 2024, M. C G, représenté par Me Destarac, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'il n'est pas démontré d'impossibilité de réaliser les places de stationnement entièrement sur le terrain d'assiette ou même de l'impossibilité technique de réaliser un second sous-sol ; la pétitionnaire ne justifie pas d'une concession à long terme au sens de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme ni même à proximité de l'opération.
Par un mémoire enregistré le 9 septembre 2024, le syndicat des copropriétaires Le Slalom et M. F A, représentés par Me Mathieu conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme D une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que le vice tiré de la méconnaissance des articles L. 151-33 du code de l'urbanisme et UC 12 du plan local d'urbanisme ne sont pas régularisés par les éléments d'impossibilité technique avancés ; le permis modificatif n'a pas régularisé les travaux de démolition indûment exécutés par la pétitionnaire ; le vice relatif à l'attestation imposée par l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme n'est pas régularisé ; le permis de construire modificatif est entaché d'une fraude puisqu'il ne fait pas état des démolitions effectuées et qui n'étaient pas prévues dans le permis initial.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du juge des référés n°2404885 ; 2404891 du 26 juillet 2024 ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 10 septembre 2024 au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme B ;
- les observations de Me Fiat, pour Mme D ;
- celles de Me Roussel, pour la commune de Val d'Isère ;
- celles de Me Destarac, pour M. C G ;
- et celles de Me Mathieu, pour le syndicat des copropriétaires Le Slalom et M. F A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 février 2024, le maire de Val d'Isère a délivré à Mme E D un permis de construire une extension d'un chalet existant sur la parcelle cadastrée section AD n°109. Saisie de requêtes présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative par le syndicat des copropriétaires Le Slalom, M. A et M. G, la juge des référés du tribunal a, par ordonnance du 26 juillet 2024, ordonné la suspension de l'exécution du permis de construire en litige pour trois motifs : l'incomplétude du dossier au regard des points e) et f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme et l'absence de justification de contraintes techniques expliquant que plusieurs places de stationnement soient situées en dehors du terrain d'assiette au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme et UC 12 du plan local d'urbanisme. Par la présente requête, Mme D demande la levée de la suspension prononcée sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, faisant valoir que le permis de construire modificatif délivré par arrêté du maire du 8 août 2024 a régularisé ces vices.
Sur la demande de levée de suspension :
2. Lorsque le juge des référés a ordonné la suspension de l'exécution d'un permis de construire sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative en relevant l'existence d'un ou plusieurs vices propres à créer un doute sérieux quant à sa légalité et qu'il est ensuite saisi d'une demande tendant à ce qu'il soit mis fin aux effets de cette suspension dans le cadre de la procédure régie par l'article L. 521-4 du même code, au moyen qu'un permis modificatif ou une mesure de régularisation, produit dans le cadre de cette nouvelle instance, régularise le ou les vices précédemment relevés, il appartient à ce juge, pour apprécier s'il est possible de lever la suspension du permis ainsi modifié, après avoir mis en cause le requérant ayant initialement saisi le juge du référé suspension, de tenir compte, d'une part, de la portée du permis modificatif ou de la mesure de régularisation sur les vices précédemment relevés et, d'autre part, des vices allégués ou d'ordre public dont le permis modificatif ou la mesure de régularisation serait entaché et qui seraient de nature à y faire obstacle.
En ce qui concerne la régularisation des vices retenus dans l'ordonnance du 26 juillet 2024 de la juge des référés :
3. D'une part, s'il apparaît que le vice tiré de l'insuffisance du dossier de permis de construire initial en l'absence d'un document établi par un contrôleur technique attestant du respect, au stade de la conception, des règles de construction parasismique en application de l'article R.431-16 e) du code de l'urbanisme a été régularisé par le dossier de permis de construire modificatif, en revanche, ainsi qu'il a déjà été dit par la juge des référés dans son ordonnance du 26 juillet 2024, les dispositions du point f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme imposent la production par le pétitionnaire, d'un document établi par l'architecte du projet ou par un expert attestant qu'une étude a été menée conformément aux exigences de la règlementation et que ses résultats ont été pris en compte au stade de la conception du projet. Or, l'attestation de l'architecte fournie dans le dossier de permis de construire modificatif se contente d'attester de la prise en compte du plan de prévention des risques de la commune lors de la conception sans toutefois préciser si une étude avait spécifiquement été menée à cette fin. Dans ces conditions, ce vice n'apparaît pas régularisé par le permis de construire modificatif.
4. D'autre part, ainsi qu'il a été dit dans l'ordonnance du 26 juillet 2024, plusieurs des places exigées par le plan local d'urbanisme sont situées hors du terrain d'assiette sans que le dossier de permis de construire initial ne fasse mention d'une impossibilité technique de les réaliser sur le terrain d'assiette ou dans son environnement immédiat. Au stade du permis de construire modificatif, le dossier s'est attaché à démontrer l'impossibilité technique de réaliser un second sous-sol pour les places manquantes. A supposer même que cette impossibilité technique puisse être regardée comme établie, il n'en demeure pas moins que le premier sous-sol projeté (PC 2-8) comporte une surface parfaitement à même d'accueillir les places manquantes sans que celles-ci ne soient commandées par une simple réorganisation de l'espace (appartement du gardien, local à ski). Dans ces conditions, le vice tiré de la méconnaissance des articles L. 151-33 du code de l'urbanisme et UC 12 du plan local d'urbanisme n'apparaît pas régularisé par le permis de construire modificatif délivré.
5. En revanche, il y a lieu de préciser que la caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. S'il est établi que la partie du garage existant, qui devait être conservée selon les plans du dossier de permis de construire initial comme ceux du dossier de permis de construire modificatif, a été entièrement démolie, cet état de fait a été expliqué à l'audience comme ayant été rendu nécessaire par l'affaissement de la dalle de couverture de ce garage. Si par ailleurs, cet élément n'a pas été mentionné dans le dossier de permis de construire, cette omission dont il n'est ni établi ni même allégué qu'elle soit de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme, n'est pas constitutive d'une fraude. Ce moyen, qui n'avait pas été retenu par la juge des référés dans son ordonnance du 26 juillet 2024, doit à nouveau être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D et la commune de Val d'Isère ne sont pas fondées à demander qu'il soit mis fin à la suspension de l'exécution du permis de construire délivré le 15 février 2024 et des décisions de rejet des recours gracieux, ordonnée par ordonnance n°2404885 ; 2404891 du 26 juillet 2024.
Sur les frais d'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D le versement à M. G d'une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a également lieu de mettre à la charge de Mme D le versement au syndicat des copropriétaires Le Slalom et à M. F A d'une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête présentée par Mme D est rejetée.
Article 2 :Les conclusions présentées par la commune de Val d'Isère sont rejetées.
Article 3 :Mme D versera à M. G une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Mme D versera au syndicat des copropriétaires Le Slalom et à M. F A une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 :Le surplus des conclusions des parties est rejetée.
Article 6 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme E D, à M. G, au syndicat des copropriétaires Le Slalom, à M. A et à la commune de Val d'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le juge des référés,
J. B
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2406133
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026