Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406173

lundi 19 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406173
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, saisi d’un recours en excès de pouvoir par Mme B contestant une saisie administrative à tiers détenteur pour des factures d’eau, a rejeté la requête pour incompétence de la juridiction administrative. Il a rappelé que le service public de l’eau et de l’assainissement est un service public industriel et commercial (SPIC) en vertu de l’article L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales. Les litiges entre un SPIC et ses usagers relèvent du droit privé et donc de la compétence du juge judiciaire. En conséquence, la requête a été rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 juillet 2024, Mme C B agissant pour l'indivision A, demande au tribunal de suspendre la procédure de saisie administrative à tiers détenteur en cours concernant des factures d'eau émises au titre des années 2015 à 2024 par le service de gestion comptable de Pont-de-Beauvoisin (73330).

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".

2. Aux termes de l'article L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales : " Les services publics d'eau et d'assainissement sont financièrement gérés comme des services à caractère industriel et commercial ". Les litiges nés des rapports entre un service public industriel et commercial et ses usagers, qui sont des rapports de droit privé, relèvent de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. Ainsi, il n'appartient qu'au juge judiciaire de connaître des litiges individuels relatifs au paiement des redevances réclamées aux usagers du service.

3. Mme B conteste les titres émis pour le recouvrement des sommes réclamées par le service de gestion comptable de Pont-de-Beauvoisin concernant des factures de consommation d'eau. Ce litige n'est pas au nombre de ceux qui ressortissent à la compétence du juge administratif. Par suite, la requête de Mme B doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B.

Fait à Grenoble, le 19 août 2024.

Le président de la 4ème chambre

T. Pfauwadel

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.