Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406479

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406479
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSARL NOVAS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par le préfet de l'Isère d'une demande de liquidation de l'astreinte prononcée par un jugement du 7 février 2020, qui enjoignait au préfet de reloger Mme A B avant le 1er mars 2020 sous peine de 500 euros par mois de retard. Le tribunal a constaté que Mme B avait refusé deux offres de logement de type T3 qui lui avaient été faites en juin et septembre 2019, avant même le jugement. En application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et de l'article R. 778-8 du code de justice administrative, le tribunal a estimé qu'il n'y avait pas lieu de liquider l'astreinte, l'inexécution de l'injonction n'étant pas imputable à l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n° 2000008 du 7 février 2020, statuant sur la requête de Mme A B, le tribunal a enjoint au préfet de l'Isère d'assurer son logement avant le 1er mars 2020, sous une astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Par une requête, enregistrée le 19 août 2024, le préfet de l'Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l'astreinte décidée par cette ordonnance.

Il soutient que Mme A B s'est vue attribuer le 5 juin 2019 un logement de type T3 situé au 5 rue des Bains à Grenoble et qu'elle a refusé la proposition et qu'un autre logement lui a été attribué le 12 septembre 2019 de type T3 situé au 30 rue du Vercors à Grenoble et qu'elle a également refusé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d'une astreinte. Aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ".

2. Par un jugement n° 200008 du 7 février 2020, statuant sur la requête de Mme A B, le tribunal a enjoint au préfet de l'Isère d'assurer son relogement avant le 29 février 2020, sous une astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

3. Il résulte de l'instruction et il n'est au demeurant pas contesté que l'intéressée s'est vue attribuer le 5 juin 2019 un logement de type T3 situé 5 rue des bains à Grenoble et un autre logement le 12 septembre 2019 de type T3 situé 30 rue du Vercors à Grenoble et qu'elle a refusé les deux propositions. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte due par l'Etat.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte prononcée par le jugement n° 2000008 du 7 février 2020.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la ministre du logement et de la rénovation urbaine et à Mme A B.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 7 octobre 2024.

Le président du tribunal,

J.P. WYSS

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.