Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406491

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406491
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCANS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, saisi par le préfet de l'Isère d'une demande de liquidation de l'astreinte prononcée le 4 mai 2021 pour défaut d'hébergement de M. A, a constaté que l'intéressé avait bénéficié d'un hébergement d'urgence pérenne entre février et mars 2023, qu'il a quitté volontairement. En application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative, le tribunal a liquidé l'astreinte à 24 000 euros, après modération du montant initial de 27 000 euros, somme due par l'État au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2101776 du 4 mai 2021, statuant sur la requête de M. A, le tribunal a enjoint au préfet de l'Isère d'assurer son hébergement avant le 31 juillet 2021, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Par une requête, enregistrée le 19 août 2024, le préfet de l'Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l'astreinte décidée par cette ordonnance.

Il soutient que M. A a bénéficié d'un hébergement d'urgence pérenne à Deux Choses Lune du 9 février 2023 au 9 mars 2023 qu'il a quitté volontairement au motif d'un retour dans sa famille.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d'une astreinte. Aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ".

2. Par une ordonnance n° 2101776 du 4 mai 2021, statuant sur la requête de M. A, le tribunal a enjoint au préfet de l'Isère d'assurer son hébergement avant le 31 juillet 2021, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

3. Il résulte de l'instruction et il n'est au demeurant pas contesté que l'intéressé a bénéficié d'un hébergement d'urgence pérenne à Deux Choses Lune du 9 février 2023 au 9 mars 2023 qu'il a quitté volontairement au motif d'un retour dans sa famille. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de fixer à 27 000 euros l'astreinte due par l'Etat. Il appartient au préfet de l'Isère de verser la somme ainsi due au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, sous réserve des sommes déjà versées.

ORDONNE :

Article 1er : Sous réserve des paiements déjà effectués, l'Etat est condamné à verser au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement la somme de 24 000 euros au titre de la liquidation définitive de l'astreinte prononcée par une ordonnance n° 2101776 du 4 mai 2021.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la ministre du logement et de la rénovation urbaine et à M. A.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 9 octobre 2024.

Le président du tribunal,

J.P. WYSS

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.