Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406493
jeudi 5 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406493 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Exécution d'un jugement |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2405403 du 24 juillet 2024, le juge des référés du tribunal a enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à Mme A une attestation de prolongation de l'instruction dans un délai de 3 jours à compter de la notification de sa décision, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 4 septembre 2024 en présence de Mme Rakotoarimanana, greffière d'audience, M. Sauveplane a lu son rapport et entendu Me Mathis pour Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante de nationalité camerounaise née le 1er janvier 1974 à Mankon (Cameroun), est entrée en France le 10 novembre 2021 pour déposer une demande d'asile qui a été rejetée. Une pathologie grave ayant été diagnostiquée, un titre de séjour " vie privée et familiale " lui a été délivré en qualité d'étranger malade, valable du 27 juin 2023 au 28 juin 2024. Elle a déposé le 29 mars 2024 une demande de renouvellement et une attestation de confirmation de dépôt d'une demande de renouvellement lui a été délivrée. Toutefois, à l'expiration de son titre de séjour, le préfet ne lui a pas délivré d'attestation de prolongation de l'instruction. Par une ordonnance n° 2405403 du 24 juillet 2024, le juge des référés a enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à Mme A une attestation de prolongation de l'instruction dans un délai de 3 jours à compter de la notification de sa décision, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée ". Il résulte de ces dispositions que la décision, par laquelle la juridiction ayant prononcé une astreinte provisoire statue sur sa liquidation, présente un caractère juridictionnel et doit par suite être motivée. En particulier, il appartient à la juridiction d'énoncer les motifs qui la conduisent, soit à ne pas faire droit aux moyens dont elle est saisie en vue d'une modulation de l'astreinte, soit à procéder d'office à une telle modulation.
3. L'ordonnance du tribunal n° 2405403 du 24 juillet 2024 a été notifiée au préfet de l'Isère le même jour. A la date du 4 septembre, il n'avait pas communiqué au greffe du tribunal la copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter son ordonnance du 24 juillet 2024. Le préfet de l'Isère doit être, par suite, regardé comme n'ayant pas, à cette date, exécuté cette décision. Il n'invoque pas davantage de circonstances qui feraient obstacle à la liquidation de l'astreinte. Il y a lieu, dès lors, de procéder au bénéfice de Mme B à la liquidation de l'astreinte pour la période du 28 juillet inclus au 4 septembre inclus, au taux de 100 euros par jour, soit 3 800 euros (=38 x 100).
O R D O N N E:
Article 1er :L'Etat est condamné à verser la somme de 3 800 euros à Mme B.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C E B et au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère et au ministère public près la Cour des comptes en application de l'article R. 921-7 du code de justice administrative.
Fait à Grenoble, le 5 septembre 2024.
Le juge des référés,
M. Sauveplane
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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