Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406561
vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406561 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 août 2024, M. A C, représenté par Me Bouchair, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de la préfecture de l'Isère une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que l'absence de document permettant d'attester de la régularité de son séjour le placera prochainement en situation irrégulière alors qu'il est employé en contrat à durée indéterminée depuis le 1er mars 2024 et que l'état de santé de sa mère peut le contraindre à aller en urgence en Algérie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né en 1978, s'est vu délivrer le 25 août 2014 un certificat de résidence de dix ans. Il en a demandé le renouvellement via la plateforme Anef le 26 juillet 2024. Cependant et alors que son titre de séjour a expiré, il ne s'est pas vu délivrer d'attestation de prolongation d'instruction.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 433-3 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de quatre ans, d'une carte de résident ou d'un titre de séjour d'une durée supérieure à un an prévu par une stipulation internationale en demande le renouvellement, il peut justifier de la régularité de son séjour entre la date d'expiration de ce document et la décision prise par l'autorité administrative sur sa demande par la présentation de la carte ou du titre expiré, dans la limite de trois mois à compter de cette date d'expiration () ".
4. S'il n'est pas contesté par le préfet qui n'a pas défendu que M. C aurait dû se voir délivrer une attestation de prolongation d'instruction, les dispositions citées au point précédent impliquent qu'il peut justifier de la régularité de son séjour et de son droit au travail jusqu'au 24 novembre 2014 par la seule production de sa carte de résident expirée. Dans ces circonstances, l'urgence n'est pas caractérisée.
5. Par ailleurs, si au 26 novembre 2024, M. C n'est pas en possession du titre de séjour demandé, ou à tout le moins d'une attestation de prolongation d'instruction, sa demande aura été implicitement rejetée et il lui appartiendra, s'il l'estime opportun, de contester ce refus et d'en demander la suspension.
6. Partie perdante, M. C ne peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 19 septembre 2024.
La juge des référés,
A. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.