Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406578

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406578
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet de l'Isère de fixer un rendez-vous à M. B dans un délai de dix jours pour lui permettre de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour "retraité". Le juge a constaté l'urgence et l'utilité de la mesure, face à l'impossibilité pour le requérant d'obtenir un rendez-vous depuis juillet 2024, et a assorti cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 700 euros à M. B au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 août 2024, M. A B, représenté par Me Terrasson, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner au préfet de l'Isère, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une convocation à un rendez-vous au guichet de la préfecture lors duquel il pourra déposer physiquement sa demande de renouvellement de titre de séjour " retraité ", dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance et sous astreinte définitive de 200 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance, sous astreinte définitive de 200 euros par jour de retard ;

2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une convocation à un rendez-vous au point d'accès numérique de l'Isère lors duquel il pourra déposer numériquement sa demande de renouvellement de titre de séjour " retraité ", dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance et sous astreinte définitive de 200 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours suivant la notification de l'ordonnance, sous astreinte définitive de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1250 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. M. B détient une carte de résident de dix ans mention " retraité ", valable jusqu'au 4 septembre 2024. Il soutient, sans être contredit par le préfet de l'Isère qui n'a pas produit, qu'il essaie en vain depuis le 2 juillet 2024 d'obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer sa demande de renouvellement de titre. Il fait valoir qu'il se trouve désormais en situation irrégulière et qu'il doit retourner rapidement en Chine, son titre de séjour ne l'autorisant pas à demeurer en France pour un séjour de plus d'un an. Dans ces circonstances, compte tenu de l'impossibilité à laquelle se heurte le requérant d'obtenir un rendez-vous et de son droit à voir sa situation administrative examinée dans un délai raisonnable, la condition de l'urgence doit être regardée comme étant remplie.

3. La mesure que M. B sollicite présente un caractère d'utilité puisqu'elle lui permettra de déposer une demande de renouvellement de titre de séjour et de voir son droit au séjour en France examiné. Elle ne se heurte par ailleurs à l'exécution d'aucune décision administrative.

4. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère de fixer un rendez-vous à M. B dans un délai qui ne pourra excéder 10 jours à compter de la notification de la présente ordonnance afin de permettre à celui-ci de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 700 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet de l'Isère de fixer un rendez-vous à M. B dans un délai qui ne pourra excéder 10 jours à compter de la notification de la présente ordonnance afin de permettre à celui-ci de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 700 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 3 octobre 2024.

Le juge des référés,

T. Pfauwadel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2406578