Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406587
mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406587 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête enregistrée le 2 septembre 2024 sous le n°2406587, M. et Mme D, représentés par Me Fouret, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 28 juin 2024 par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a refusé de leur délivrer l'autorisation d'instruire en famille leur enfant B, au titre de l'année scolaire 2024-2025 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Grenoble de leur délivrer, à titre provisoire, l'autorisation d'instruire en famille et à défaut de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Sur la condition d'urgence :
- l'urgence est caractérisée puisque, dans l'attente d'une autorisation d'instruction en famille, ils doivent inscrire leur enfant dans un établissement d'ici la rentrée scolaire, qu'une décision en cours d'année viendrait bouleverser le parcours scolaire de l'enfant, que l'instruction en famille est la voie la plus optimale pour l'acquisition des connaissances et enfin qu'il n'existe aucun intérêt public s'opposant à cette demande ;
Sur l'existence de moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence en raison de l'irrégularité de la composition de la commission ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2024, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
II- Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 septembre 2024 et le 3 septembre 2024 sous le n°2406595, M. et Mme D, représentés par Me Fouret, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 28 juin 2024 par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a refusé de leur délivrer l'autorisation d'instruire en famille leur enfant A, au titre de l'année scolaire 2024-2025 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Grenoble de leur délivrer, à titre provisoire, l'autorisation d'instruire en famille et à défaut de réexaminer leur situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Sur la condition d'urgence :
- l'urgence est caractérisée puisque, dans l'attente d'une autorisation d'instruction en famille, ils doivent inscrire leur enfant dans un établissement d'ici la rentrée scolaire, qu'une décision en cours d'année viendrait bouleverser le parcours scolaire de l'enfant, que l'instruction en famille est la voie la plus optimale pour l'acquisition des connaissances et enfin qu'il n'existe aucun intérêt public s'opposant à cette demande ;
Sur l'existence de moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2024, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les requêtes enregistrées le 2 septembre 2024 sous les numéros 2406585 et 2406586 par lesquelles M. et Mme D demandent l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Palmer, greffier d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu les observations de Me Villecroze, représentant les requérants, de M. D et de Mme E, représentant la rectrice d'académie.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par les présentes requêtes, M. et Mme D demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution des décisions du 28 juin 2024 par lesquelles la rectrice de l'académie de Grenoble a rejeté leurs recours administratifs préalables obligatoires dirigés contre les décisions du 27 mai 2024 par lesquelles le directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Isère leur a refusé l'autorisation d'instruction en famille pour leurs enfants A et B.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2406587 et 2406595 présentées par M. et Mme D concernent l'instruction de deux enfants dans la même famille, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
4. Aux termes de l'article L. 131-1 du code de l'éducation : " L'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans et jusqu'à l'âge de seize ans ". Aux termes de l'article L. 131-5 du même code : " Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées par l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille () / La présente obligation s'applique à compter de la rentrée scolaire de l'année civile où l'enfant atteint l'âge de trois ans. / L'autorisation mentionnée au premier alinéa est accordée pour les motifs suivants, sans que puissent être invoquées d'autres raisons que l'intérêt supérieur de l'enfant : / () 4° L'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sous réserve que les personnes qui en sont responsables justifient de la capacité de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant à assurer l'instruction en famille dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans ce cas, la demande d'autorisation comporte une présentation écrite du projet éducatif, l'engagement d'assurer cette instruction majoritairement en langue française ainsi que les pièces justifiant de la capacité à assurer l'instruction en famille ".
5. Il résulte de l'instruction que M. et Mme D ont sollicité pour leurs fils A et B l'autorisation d'instruction en famille prévue à l'article L. 131-5 du code de l'éducation, en invoquant l'existence d'une situation propre à leurs enfants motivant leur projet éducatif.
6. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. et Mme D n'apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
7. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, leurs conclusions présentées sur le fondement des dispositions précitées, ainsi que par voie de conséquence leurs conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme D sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme D, et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Grenoble.
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Fait à Grenoble, le 24 septembre 2024.
Le juge des référés,Le greffier,
J. C M. Palmer
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 ; 2406595