Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406730
jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 août et le 2 octobre 2024, M. B C demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 10 juillet 2024 du préfet de la Savoie suspendant son permis de conduire pour une durée de huit mois, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui restituer provisoirement son permis de conduire avec droit à conduire ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il a besoin de son permis de conduire pour l'exercice de son activité d'enquêteur de mobilité et de technicien de comptage ; la décision a également un impact excessif sur sa vie privée ;
- la durée de la suspension est manifestement excessive, la décision est insuffisamment motivée, il n'a pas bénéficié d'une procédure contradictoire et les tests salivaires ne sont pas fiables, le doute doit lui profiter, enfin, il n'a pas consommé de cannabis mais du CBD, substance légale en France.
Par mémoire en défense, enregistrés le 19 septembre 2024, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens de M. C n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée ; notamment, M. C a bien été testé positif le 9 juillet 2024 à deux substances stupéfiantes, le THC et la cocaïne.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 29 août 2024 sous le numéro 2406729 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants ;
- l'arrêté du 13 décembre 2016 fixant les modalités du dépistage des substances témoignant de l'usage de stupéfiants, et des analyses et examens prévus par le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. A a lu son rapport au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Chevalier, greffière d'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a fait l'objet d'un contrôle routier le 5 juillet 2024 à la barrière de péage de Saint Michel de Maurienne et a été soumis à un dépistage salivaire ayant révélé qu'il avait fait usage de substances classées comme stupéfiants. Par un arrêté en date du 10 juillet suivant dont le requérant demande la suspension, le préfet de la Savoie a suspendu son permis de conduire pour une durée de huit mois.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués par M. C n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée et d'injonction doivent être rejetées.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle aux conclusions de M. C dirigées contre l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Savoie.
Fait à Grenoble, le 3 octobre 2024.
Le président,
J-P. ALa greffière,
A. CHEVALIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.