Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406739

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406739
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande de la SNC Village 1 tendant à la décharge de la taxe d'habitation pour les années 2022 et 2023, l'administration fiscale ayant prononcé un dégrèvement total des impositions contestées. Le tribunal a rejeté les conclusions de la requérante relatives au remboursement des sommes, faute de litige né et actif sur ce point. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat a été condamné à verser 1 000 euros à la société au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 septembre 2024, la SNC Village 1, représentée par Me Maniez, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge et le remboursement des cotisations de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2022 et 2023 pour un bien situé 68 chemin Alfred le Renard à Megève ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2024, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Par une décision du 1er octobre 2024, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère a entièrement dégrevé la société requérante des taxes d'habitation contestées. Dès lors, la demande de décharge présentée par la SNC Village 1 est devenue sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

3. Aux termes de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable () ". Il n'existe aucun litige né et actuel entre le comptable et la société requérante au sujet du remboursement des cotisations de taxe d'habitation en litige. Dès lors, les conclusions de la requête présentées à ce titre doivent être rejetées.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de décharge présentée par la SNC Village 1.

Article 2 : L'Etat versera à la SNC Village 1 la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la SNC Village 1 et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 23 octobre 2024.

Le président,

V. L'HÔTE

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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