Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406812
jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406812 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer, sans délai, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de délivrance d'un titre de séjour ainsi que le titre de séjour nécessaire à la poursuite de sa formation et de son activité professionnelle.
Il soutient que :
- son précédent titre a expiré le 4 septembre 2024 ;
- en vertu de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il aurait dû se voir attribuer une attestation de prolongation d'instruction ;
- la non-délivrance de ce document a des conséquences graves sur sa situation puisque son contrat d'alternance a été suspendu, ce qui l'empêche de poursuivre ses études et le prive de ses ressources.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. L'Hôte pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 septembre 2024, en présence de Mme Rakotoarimanana, greffière :
- le rapport de M. L'Hôte, vice-président ;
- et les observations de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
2. Il résulte de l'instruction que M. A s'est vu délivrer un titre de séjour, portant la mention " étudiant ", parvenu à expiration le 4 septembre 2024 et dont il n'a pas obtenu le renouvellement malgré sa demande présentée le 26 juin 2024. La situation irrégulière dans laquelle il se trouve désormais a entrainé la suspension de son contrat d'alternance, à compter du 5 septembre, et compromet la poursuite de ses études et le prive de toute source de revenu. Dans ces circonstances, la condition de l'urgence est remplie.
3. Le préfet de l'Isère, qui n'a pas produit en défense, ne soutient pas avoir statué sur la demande de renouvellement présentée par M. A, à l'égard de laquelle une décision implicite de rejet n'est pas encore née. Il ne conteste pas que le requérant remplissait les conditions pour se voir délivrer, à l'expiration de son titre, une attestation de prolongation d'instruction. Ainsi, la carence du préfet à délivrer une telle attestation porte une atteinte grave et manifestement illégale du droit au travail de M. A ainsi qu'à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère de délivrer à M. A, dans un délai de quarante-huit heures, une attestation de prolongation d'instruction dès lors que cette mesure, qui peut être ordonnée à bref délai, est la seule de nature à faire cesser la situation manifestement illégale résultant de cette carence.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de l'Isère de délivrer à M. A, dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de la présente ordonnance, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera délivrée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 12 septembre 2024.
Le juge des référés,
V. L'HÔTE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.