Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406861
mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2406861 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Schürmann, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution du refus du préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour ;
3°) d'ordonner au préfet de l'Isère sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction de sa demande, assortie d'une autorisation de travail dans un délai de deux jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. M. B ne justifie d'aucune circonstance particulière nécessitant que le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ordonne dans un délai de quarante-huit heures des mesures propres à sauvegarder une liberté fondamentale, alors que son titre de séjour est parvenu à expiration le 10 août 2024, soit il y a un mois, qu'il ne démontre pas être exposé à un risque avéré de perdre son emploi à très brève échéance, l'attestation de son employeur étant datée du 27 août 2024 et se bornant à évoquer la nécessité de régulariser sa situation " rapidement ", et qu'il n'allègue pas être sous le coup d'une mesure d'éloignement susceptible d'être mise à exécution à tout moment. Par suite, sa requête doit être rejetée.
3. Compte tenu de l'absence manifeste d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu d'accorder à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et à Me Schürmann.
Fait à Grenoble, le 11 septembre 2024.
Le juge des référés,
V. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.