Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406879

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406879
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a constaté que le refus d'agrément de dirigeant opposé à M. B par le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) le 4 septembre 2024 avait été implicitement rapporté par la délivrance ultérieure de l'agrément le 23 septembre 2024. En conséquence, le juge a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction, devenues sans objet. Il a toutefois condamné le CNAPS à verser 1 500 euros à M. B au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 septembre 2024, M. C B, représenté par Me Khiter, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner la suspension, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de l'exécution de la décision du 4 septembre 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer un agrément de dirigeant ;

2°) d'enjoindre au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer l'agrément sollicité dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance et dans l'attente du jugement au fond, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2024, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au non-lieu à statuer.

Par un mémoire enregistré le 25 septembre 2025, M. B prend acte de la délivrance de l'agrément et porte sa demande présentée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à 1 900 euros.

Vu :

- la requête en annulation enregistrée le 10 septembre 2024 sous le n° 2406880 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

2. Il résulte de l'instruction que par une décision du 23 septembre 2024, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a délivré à M. B un agrément en qualité de dirigeant. Cette décision a eu pour effet implicitement mais nécessairement de rapporter le refus contesté du 4 septembre 2024. Par suite, les conclusions de la requête aux fins de suspension et d'injonction sont devenues sans objet.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B aux fins de suspension et d'injonction.

Article 2 : Le Conseil national des activités privées de sécurité versera à M. B la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au Conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Grenoble, le 26 septembre 2024.

Le juge des référés,

V. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.