Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407073

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407073
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme A, qui mêlait dans un même écrit des conclusions en référé suspension et des conclusions en annulation (excès de pouvoir) contre des refus d'enregistrement de titres de séjour. Le juge a estimé que ces deux types de recours, relevant de procédures distinctes aux objets et conditions différents, n'étaient pas assortis des précisions nécessaires pour apprécier leur portée. De même, les demandes de frais de justice fondées simultanément sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative et sur l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ont été jugées irrecevables pour défaut de clarté. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête " en référé suspension " enregistrée le 17 septembre 2024, Mme A, représentée par Me Ghanassia, demande au tribunal :

1°) de suspendre l'exécution des décisions de refus d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour, de sa demande de changement de statut ainsi que de refus de délivrance d'un récépissé avec autorisation de travail du préfet de l'Isère ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère d'enregistrer et de réexaminer sa demande de carte de séjour dans un délai de quinze jours sous astreinte de 200 euros par jour de retard, subsidiairement, de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans les vingt-quatre heures à compter de l'ordonnance sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 440 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

4°) d'annuler le refus d'enregistrement de la demande de renouvellement de la carte de séjour portant mention " vie privée et familiale " " acquis au 29 février 2024 " ;

5°) d'annuler " les effets " (sic) du refus d'enregistrement de la demande de changement de statut du 2 août 2024 ;

6°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le code de justice administrative dispose à son article R. 222-1 que : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; " ;

2. Par sa requête, qu'elle fait précéder de l'intitulé " mémoire en référé suspension ", Mme A demande la suspension de l'exécution de plusieurs actes administratifs, et tout à la fois l'annulation de ces mêmes actes. Elle demande par ailleurs la condamnation de l'Etat à lui verser une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 et, dans le même temps de condamner l'Etat à verser à son conseil une autre somme sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

3. S'il est possible de demander au juge administratif la suspension de l'exécution d'actes administratif ainsi que leur annulation, la réponse qu'est susceptible d'apporter le juge administratif à ces demandes repose sur des dispositions qui n'ont ni le même objet ni les mêmes conditions de mise en œuvre. En formant simultanément des conclusions à fin de suspension et d'annulation au sujet des mêmes actes et dans la même requête, Mme A, ne les assortit pas des précisions nécessaires à l'appréciation de leur portée.

4. De même, les conclusions formées simultanément par Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 alors que ces dispositions, permettant de condamner l'Etat, n'ont ni le même objet ni les mêmes conditions de mise en œuvre, ne sont pas assorties pas des précisions nécessaires à l'appréciation de leur portée.

5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Mme A est irrecevable. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A.

Fait à Grenoble, le 14 octobre 2024.

Le président de la 1ère chambre,

P. Thierry

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24070732