Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407104

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407104
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, une ressortissante algérienne de 82 ans, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de lui délivrer un visa de retour sous 48 heures. La requérante invoquait son état de santé et la présence de sa famille en France pour justifier l'urgence. Le juge a estimé que les éléments médicaux fournis, bien qu'attestant de pathologies, ne caractérisaient pas une situation d'urgence justifiant une intervention dans le délai de 48 heures prévu par l'article L. 521-2. La demande a donc été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Seghier, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer un visa de retour dans le délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, retournée en Algérie le 17 mars 2024, n'a pu revenir en France le 12 mai 2024 comme elle l'avait prévu, son certificat de résidence ayant expiré le 2 mars 2024. Elle a déposé une demande de visa sur la plateforme du site France-visa le 16 mai 2024. Un courrier du consulat de France du 29 juillet 2024 a informé sa fille que la préfecture de l'Isère n'avait pas encore délivré son accord pour la délivrance du visa. La requérante demande d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un visa de retour dans le délai de 48 heures.

4. Mme A fait valoir que son mari et ses enfants résident en France, qu'elle est âgée de 82 ans, qu'elle se déplace en fauteuil roulant et que les médecins qui la suivent sont en France. Elle produit un courrier d'un cardiologue daté du 7 décembre 2023 mentionnant que sa pathologie cardiaque justifie une surveillance annuelle et un certificat d'un médecin algérien daté du 9 septembre 2024 mentionnant qu'elle souffre de gonarthrose bilatérale et de discarthrose étagée, maladie orthopédique invalidante nécessitant un traitement au long cours. Toutefois, ces circonstances ne caractérisent pas l'existence d'une situation d'urgence telle qu'elle justifie l'intervention d'une décision du juge des référés dans le délai de 48 heures au titre des pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. La requête doit dès lors être rejetée en application des dispositions de l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Grenoble, le 19 septembre 2024.

Le juge des référés,

T. PFAUWADEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.