Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407122
jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407122 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Borges de Deus Correia, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. A la différence d'une demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 ou L.521-3 du code de justice administrative, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
3. Il résulte de l'instruction que Mme B a sollicité le 16 janvier 2024 le renouvellement de sa carte de résident valable jusqu'au 1er avril 2024. La plateforme ANEF l'a informée le 12 février 2024 qu'elle devait prendre rendez-vous sur le site de la préfecture afin de déposer sa demande de renouvellement de titre. Le rendez-vous qu'elle avait obtenu le 15 avril 2024 a été annulé par la préfecture et Mme B soutient que ses tentatives d'obtenir un nouveau rendez-vous ont échoué. Elle a déposé sa demande sur le site de l'ANEF le 4 juillet 2024 et elle soutient qu'elle n'a pu obtenir la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de cette demande.
4. Pour justifier de l'urgence, M. B a fait valoir qu'elle n'est pas en mesure de justifier de sa situation administrative et qu'elle ne peut pas voyager, notamment aux Philippines où vivent ses enfants issus de sa première union et où elle s'est rendue en 2019, ou dans d'autres pays alors qu'elle est allée en vacances en Italie et en Norvège en 2023. Elle soutient également qu'elle a eu un cancer et que le stress est un facteur de récidive. Toutefois, ces circonstances ne caractérisent pas l'existence d'une situation d'urgence telle qu'elle justifie l'intervention d'une décision du juge des référés dans le délai de 48 heures au titre des pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. La condition d'urgence n'étant ainsi pas remplie, la requête de Mme B doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Grenoble, le 19 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. PFAUWADEL
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°240712