Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407124

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407124
TypeOrdonnance
RecoursExécution d'un jugement

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. B A, qui contestait un refus implicite de renouvellement de son titre de séjour. Le tribunal a constaté qu'aucune décision implicite de rejet n'était née, le délai de quatre mois prévu à l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étant pas expiré. La requête a donc été jugée manifestement irrecevable en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Borges de Deus Correia, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de renouveler son titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère sous astreinte de 150 euros par jour de retard passé le délai de 5 jours après la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative permet aux présidents de formation de jugement des tribunaux de statuer par ordonnance pour : " 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ".

2. Aux termes de l'article R*432-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois./ Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17./Par dérogation au premier alinéa ce délai est de soixante jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article R. 421-26 ".

3. M. A a été autorisé au séjour le 11 septembre 2023 pour une durée d'un an par un titre portant la mention " vie privée et familiale " dont il indique qu'il était fondé sur son état de santé, à savoir sur les dispositions de l'article L. 425-9 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A en a demandé le renouvellement le 20 juin 2024 et il ne lui a pas été délivré d'attestation de prolongation d'instruction à l'échéance du titre, le 10 septembre 2024, comme le prévoient les dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 431-15-1 du même code. Pour autant, le rejet implicite d'une telle demande de titre de séjour ne peut naître qu'à l'issue d'un délai de quatre mois en application des dispositions précitées. Par suite et contrairement et ce que soutient l'intéressé sans précision, aucun refus implicite n'est né à ce jour. La décision contestée n'existant pas, la requête est manifestement irrecevable.

4. Dans ces circonstances, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 20 septembre 2024.

La présidente,

A. TRIOLET

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.