Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407236

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407236
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSONKO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du préfet du Rhône suspendant le permis de conduire de M. A pour six mois suite à un contrôle positif aux stupéfiants. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, irrégularité de procédure, défaut de motivation, violation de la CEDH) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Sonko, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 9 par lequel le préfet du Rhône a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il a besoin de son permis de conduire pour l'exercice de sa profession de vendeur automobile ;

- il fait valoir des moyens sérieux à l'encontre de la décision attaquée : elle a été signée par une autorité incompétente ; l'agent verbalisateur n'était pas compétent ; le délai de 72 heures n'a pas été respecté ; la décision est insuffisamment motivée et a été irrégulièrement notifiée ; elle méconnaît l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; une procédure est en cours devant le juge judiciaire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 18 septembre 2024 au greffe du tribunal administratif de Grenoble sous le numéro 2406920 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de la route ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a fait l'objet le 6 juillet 2024 d'une décision de rétention de son permis de conduire à la suite d'un contrôle positif aux stupéfiants. Par un arrêté du 9 juillet suivant, le préfet du Rhône a prononcé la suspension de la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois, sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route. M. A demande au juge des référés de prononcer la suspension de l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. A n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 9 juillet 2024.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une situation d'urgence, que la requête doit être rejetée en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Grenoble, le 30 septembre 2024.

Le juge des référés,

J. P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.