Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407274
mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407274 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 et 25 septembre 2024, M. C A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du groupement hospitalier Portes de Provence refusant d'autoriser la présence la nuit d'un membre de la famille auprès de Mme D actuellement hospitalisée au sein du service de gériatrie ;
2°) d'ordonner au groupement hospitalier Portes de Provence d'autoriser immédiatement la présence nocturne d'un proche auprès de Mme D ;
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative ;
- la décision du président du tribunal désignant Mme B comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Pour justifier de l'urgence, le requérant soutient que l'état de santé de Mme D, sa grand-mère âgée de 76 ans et actuellement hospitalisée au sein du service de gériatrie du groupement hospitalier Portes de Provence, est fragile et pourrait s'aggraver rapidement. Il fait également valoir que, bien que le décès de sa grand-mère ne soit pas considéré comme imminent, l'absence d'autorisation de présence de ses proches pendant une phase critique de sa vie créé un préjudice irréparable pour celle-ci et sa famille en les empêchant de partager des moments précieux. Cependant, les membres de la famille de Mme D ont la possibilité de lui rendre visite tous les jours de 12h à 20h en respectant les dispositions du règlement intérieur de l'établissement. En outre, il ne résulte pas de l'instruction Mme D présente un risque imminent de décès, ce que le requérant ne conteste d'ailleurs pas. Le service des relations avec les usagers du groupement hospitalier Portes de Provence a également indiqué au requérant le 24 septembre 2024 que le refus d'autoriser la présence d'un membre de la famille auprès de Mme D durant la nuit n'est pas définitif et que la décision sera revue en fonction de l'évolution de l'état de santé de celle-ci. Dans ces circonstances, le requérant n'établit pas, en l'état de l'instruction, l'existence d'une situation d'urgence nécessitant que le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ordonne dans le délai de 48 heures des mesures propres à sauvegarder une liberté fondamentale. La requête doit dès lors être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions en application des dispositions de l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.
Copie en sera adressée au groupement hospitalier Portes de Provence.
Fait à Grenoble, le 25 septembre 2024.
La juge des référés,
A. B
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2407274