Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407309

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407309
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a pris acte du désistement de M. C B de ses conclusions aux fins d'injonction, après que le préfet de l'Isère lui a accordé un rendez-vous pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour. La requête initiale portait sur l'absence de rendez-vous, que le requérant estimait porter une atteinte grave et manifestement illégale à ses libertés fondamentales (droit de travailler, vie privée et familiale). Le tribunal a condamné l'État à verser 900 euros à M. C B au titre des frais irrépétibles (article L. 761-1 du code de justice administrative).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, M. A C B, représenté par Me Vadon, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui accorder un rendez-vous afin de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il ne peut plus travailler et est donc privé de toute ressource ;

- l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et de venir, au droit au respect de sa vie privée et familiale et à son droit de travailler.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer de la requête.

Il fait valoir qu'il a délivré au requérant un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bedelet, pour statuer sur les demandes de référé ;

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 27 septembre 2024 au cours de laquelle ont été entendus :

- le rapport de Mme Bedelet, juge des référés ;

- les observations de Me Vadon pour M. C B qui indique se désister des conclusions aux fins d'injonction mais maintenir ses conclusions tendant à la condamnation de l'Etat au titre des frais irrépétibles.

Le préfet de l'Isère n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Au cours de l'audience, le conseil de M. C B a déclaré que celui-ci se désiste de ses conclusions aux fins d'injonction. Il y a lieu d'en prendre acte.

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à M. C B une somme de 900 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er :Il est donné acte du désistement des conclusions de M. C B aux fins d'injonction.

Article 2 :L'Etat versera à M. C B une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 27 septembre 2024.

La juge des référés,

A. Bedelet

Le greffier,

S. Ribeaud

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2407309