Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407338
vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407338 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, M. D C, représenté par Me Coutaz, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner la suspension, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de l'exécution de la décision du 12 mai 2023 par laquelle le préfet de la Drôme a rejeté sa demande de regroupement familial formulée en faveur de son fils ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Drôme de statuer de nouveau sur sa demande, dans les huit jours qui suivront la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte définitive de 100 euros par jour de retard et en tenant compte du sens de la décision du tribunal quant aux motifs de suspension de la décision implicite ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée le 26 septembre 2024 sous le n° 2407339 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il résulte de l'instruction que M. C, ressortissant algérien, a sollicité le 1er décembre 2023 le bénéfice du regroupement familial en faveur de son fils A, né 25 décembre 2005. Par une décision du 8 août 2024, le préfet de la Drôme a rejeté sa demande. Le requérant soutient qu'il y a urgence à suspendre l'exécution de cette décision compte tenu de l'âge et de la détresse psychologique de son fils ainsi que du délai d'intervention prévisible d'un jugement au fond. Toutefois, le fils de M. C est devenu majeur le 25 décembre 2023. Si le requérant se prévaut d'un certificat médical du 18 septembre 2024 indiquant que le jeune A a besoin d'un suivi psychologique régulier et d'un accompagnement familial, il n'est pas isolé en Algérie où réside sa mère, avec laquelle il n'est pas démontré qu'il aurait rompu toute relation. Le requérant ne produit aucune autre pièce de nature à justifier de la nécessité d'être rejoint par son fils en France dans un bref délai. Il suit de là que la condition de l'urgence n'est pas remplie. La requête de M. C doit dès lors être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C.
Fait à Grenoble, le 27 septembre 2024.
Le juge des référés,
V. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.