Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407369
samedi 28 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407369 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2024, M. A B, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre, à titre principal, au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " et, à titre subsidiaire, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il se retrouve en situation irrégulière et que son employeur a suspendu son contrat de travail, ce qui n'est pas sans conséquence directe sur ses ressources financières et sa capacité à honorer ses engagements quotidiens, tel le loyer, les charges alimentaires et les autres factures ;
- le préfet de l'Isère porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et de venir et à son droit de travailler ;
- les articles R. 431-2 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il a délivré une attestation de prolongation d'instruction, ce qui a pour effet de rouvrir l'instruction de la demande de l'intéressé qui ne justifie pas de quelconques diligences infructueuses tendant à se voir délivrer une attestation de prolongation d'instruction. La condition d'urgence n'est plus remplie.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bedelet, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 28 septembre 2024 au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme Bedelet, juge des référés ;
- les observations de M. B qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et qui soutient, en outre, que l'attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 26 décembre 2024 comporte une erreur matérielle s'agissant de son adresse.
Le préfet de l'Isère n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
Sur les conclusions tendant à la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " :
2. Il résulte de l'instruction que le 27 septembre 2024, postérieurement à l'enregistrement de la requête, il a été délivré à M. B une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, valable jusqu'au 26 décembre 2024, qui permet à celui-ci de justifier de la régularité de son séjour jusqu'à cette date et de maintenir l'ensemble des droits ouverts en raison du titre de séjour précédemment détenu. Ainsi, sa délivrance est de nature à sauvegarder dans l'immédiat l'exercice effectif des libertés fondamentales invoquées par à M. B. Par suite, les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour, mesure qui ne présente pas un caractère provisoire, sont rejetées.
Sur les conclusions tendant à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction d'une demande de titre de séjour :
3. Il résulte de l'instruction que, ainsi qu'il vient d'être dit, le préfet de l'Isère a, postérieurement à l'introduction de la requête, mis à la disposition de M. B une attestation de prolongation d'instruction d'une demande de titre de séjour. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction qui ont perdu leur objet.
O R D O N N E:
Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'injonction de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 28 septembre 2024.
La juge des référés,
A. Bedelet
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2407369