Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407371
lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407371 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2024, Mme A D B, représentée par Me Leurent, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de renouvellement de sa demande de titre de séjour dans un délai de 24 heures sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à elle-même si l'aide juridictionnelle ne lui est pas accordée.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que ses entretiens d'embauche n'ont pu aboutir faute de présenter une autorisation de travail, qu'elle ne perçoit plus aucune ressource alors qu'elle a un enfant mineur à charge, qu'elle a des dettes et qu'elle remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français et membre de famille de français ;
- le défaut de délivrance d'une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre de séjour porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et de venir, à son droit de travailler et à son droit de mener une vie privée et familiale normale.
La requête a été communiquée au préfet de l'Isère qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bedelet, pour statuer sur les demandes de référé ;
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 28 septembre 2024 au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme Bedelet, juge des référés ;
- les observations de Me Leurent en présence de Mme B qui indique, en réponse à une question de la juge des référés, que son conjoint est intérimaire.
Le préfet de l'Isère n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
3. Pour justifier de l'urgence, Mme B expose que ses entretiens d'embauche n'ont pu aboutir faute de présenter une autorisation de travail, qu'elle ne perçoit plus aucune ressource alors qu'elle a un enfant mineur à charge, qu'elle a des dettes et qu'elle remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français et membre de famille de français. Toutefois, la requérante, qui n'apporte aucun élément sur les ressources de son conjoint ayant acquis la nationalité française en 2021 et travaillant en qualité d'intérimaire, n'établit pas qu'elle serait placée dans une situation telle qu'il en résulterait pour elle, notamment sur un plan matériel, une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation rendant nécessaire d'ordonner, dans un délai de quarante-huit heures, une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E
Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 30 septembre 2024.
La juge des référés,
A. Bedelet
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2407371