Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407377

samedi 28 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407377
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. C. Ce dernier demandait d'enjoindre au centre hospitalier spécialisé de la Savoie de missionner une infirmière à son domicile pour le réveiller afin d'éviter un retard professionnel. Le juge a estimé que le requérant ne justifiait pas d'une situation d'urgence, ni d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, le défaut de missionnement d'une infirmière pour un réveil matinal ne portant pas atteinte au droit des personnes handicapées de travailler. La requête a été rejetée sans audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 septembre 2024, M. B C doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au centre hospitalier spécialisé de la Savoie de missionner une infirmière à son domicile pour le réveiller lundi 30 septembre 2024 afin qu'il ne soit pas en retard à son travail.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il peut perdre son travail dès lundi prochain en raison de ses retards répétés ;

- il est porté une atteinte au droit des personnes handicapées de pouvoir travailler et " d'exercer leur citoyenneté " ;

- l'équipe mobile autisme adulte Savoie promet de traiter les demandes urgentes 365 jours par an.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. D'une part, M. C n'établit pas le risque imminent dans lequel il se trouverait de perdre son emploi. D'autre part, le seul fait de ne pas missionner lundi prochain une infirmière au domicile de M. C, qui déclare être atteint d'un trouble du spectre de l'autisme, afin d'être réveillé pour éviter un éventuel retard à son travail ne porte pas atteinte au droit des personnes handicapées de travailler ni " d'exercer leur citoyenneté ". Dans ces conditions, le requérant ne justifie pas d'une situation d'urgence et le centre hospitalier spécialisé de la Savoie n'a manifestement porté aucune atteinte grave et illégale à une liberté fondamentale. Par suite, la requête doit être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de M. C est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.

Fait à Grenoble, le 28 septembre 2024.

La juge des référés,

A. A

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2407377