Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407408
lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407408 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Mathis, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la réception de la présente ordonnance, un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler ou une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du préfet de l'Isère une somme de 1200 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Compte tenu de l'urgence qu'il y a à statuer sur le recours de M. A, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ou d'une demande au titre des mesures utiles de l'article L. 521-3 du même code, la demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 de ce code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
4. M. A, ressortissant guinéen, est entré en France le 5 mars 2022 depuis l'Ukraine sous couvert d'un visa délivré par les autorités ukrainiennes. Il a sollicité bénéfice de la protection temporaire de l'article L. 581-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui lui a été refusé par arrêté du 2 mai 2022 par le préfet de la Seine-Maritime. Il a sollicité le 23 novembre 2022, auprès des services préfectoraux de l'Isère, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui lui a été refusé par un arrêté du 19 avril 2023 assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Cet arrêté a été annulé pour erreur manifeste d'appréciation par un jugement de ce tribunal du 29 décembre 2023 qui a enjoint " au préfet de l'Isère de délivrer à M. A un titre de séjour dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours ". M. A fait valoir qu'en exécution, il s'est seulement vu délivrer le 1er février 2024 une autorisation de séjour ne lui permettant pas de travailler et qu'il a vainement tenté de prendre rendez-vous en préfecture pour en obtenir le renouvellement.
5. Il fait valoir que l'urgence doit être présumée, qu'il se trouve dans l'incapacité de travailler et peut être arrêté à tout moment. La présomption d'urgence invoquée par le requérant ne s'applique pas à la procédure qu'il a introduite sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative et qui requiert une urgence particulière ainsi qu'il a été dit au point 3. En outre, M. A ne justifie pas que sa situation, qui perdure depuis des mois, serait compromise de façon si imminente qu'elle imposerait de prendre une mesure de sauvegarde dans un délai de 48 heures. Dans ces conditions, M. A ne justifiant pas qu'il remplit les conditions de l'intervention d'une mesure de référé dans les quarante-huit heures, il y a lieu de rejeter sa requête selon la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 30 septembre 2024.
La juge des référés,
A. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.