Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407441

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407441
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme C. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction suite à sa demande de renouvellement de titre de séjour. La juge des référés a estimé que, malgré l'absence de défense du préfet, les pièces et explications fournies par la requérante étaient insuffisantes pour caractériser l'urgence nécessaire à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. La demande a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 septembre 2024, Mme A C, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer sans délai une attestation de prolongation d'instruction.

Elle fait valoir qu'elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour le 22 août 2024 et qu'il a expiré le 29 septembre 2024, sans que ne lui soit délivrée d'attestation de prolongation d'instruction ; qu'elle travaille en contrat à durée déterminée avec l'entreprise auprès de laquelle elle doit accomplir la formation en alternance nécessaire à la validation de son diplôme supérieur de comptabilité et de gestion.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 2 octobre 2024 à 11 heures 30 en présence de M. Palmer, greffier, Mme B a lu son rapport et constaté l'absence des parties.

En réponse à la demande qui lui avait été adressée le 1er octobre 2024 de produire son précédent titre de séjour, Mme C a transmis le 2 octobre à 13 heures 57 la copie de son passeport revêtu d'un visa long séjour valant titre de séjour.

Cette pièce a été communiquée au préfet en lui laissant un délai de réponse jusqu'au 3 octobre à 11 heures. Il a été demandé à Mme C, dans le même délai, de produire la confirmation de dépôt de sa demande de renouvellement.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

2. Le contrat d'apprentissage produit mentionne un début d'exécution le 24 septembre 2024 et un terme au 10 novembre 2025. Toutefois, en l'état de l'instruction et alors même que le préfet n'a pas défendu, les explications incomplètes et pièces insuffisantes fournies par Mme C, malgré la demande du tribunal, ne permettent pas de caractériser l'urgence à prendre une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans le délai précité. La requête doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 4 octobre 2024.

La juge des référés,

A. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.