Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407454

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407454
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, était saisi d'une demande de suspension de la décision implicite du préfet de l'Isère refusant de délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour à Mme C. Le tribunal a constaté que le préfet s'était engagé à délivrer ce récépissé et avait convoqué la requérante à cette fin, rendant sans objet les conclusions aux fins de suspension et d'injonction. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur ces demandes. L'État a été condamné à verser 800 euros à Mme C au titre des frais de justice (article L. 761-1 du code de justice administrative).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 septembre 2024, Mme B C, représentée par Me Lamy, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement d'un titre de séjour ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite lui refusant le renouvellement de son titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé, l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle remplit toutes les conditions pour se voir délivrer le titre de séjour ; le préfet a commis une erreur de fait quant à la date de dépôt de sa demande.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'il a convoqué la requérante pour renouveler son récépissé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête en annulation enregistrée sous le n°2407452.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 15 octobre 2024 au cours de laquelle a été entendu le rapport de Mme A, en l'absence des parties.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

2. En l'espèce, la décision contestée refuse la délivrance d'un récépissé à la suite du dépôt d'une demande de titre de séjour par la requérante. Il apparaît que le préfet de l'Isère s'est engagé, dans son mémoire en défense, à délivrer un récépissé de demande de titre de séjour à la requérante et lui a adressé pour ce faire un rendez-vous le 21 octobre 2024. Ainsi, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la décision contestée ainsi que les conclusions d'injonction.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension ainsi que les conclusions d'injonction contenues dans la requête visée.

Article 2 :L'Etat versera une somme de 800 euros à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 18 octobre 2024.

Le juge des référés,

J. A

La greffière,

C. Jasserand

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2407454