Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407457

jeudi 7 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407457
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMATHIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a constaté un non-lieu à statuer sur la demande de M. B tendant à obtenir un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler, le préfet de l'Isère lui ayant délivré une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour après l'introduction du recours. Le juge a rejeté la demande d'injonction de réexamen de la demande de titre de séjour, estimant qu'elle ne relevait pas de sa compétence en référé. M. B a été admis provisoirement à l'aide juridictionnelle, et l'État a été condamné à verser 500 euros à son avocat au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 septembre 2024 et un mémoire du 15 octobre 2024, M. B, représenté par Me Mathis, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un document provisoire justifiant de la régularité de son séjour et l'autorisant à travailler dans un délai de 48 heures, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard passé ce délai ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard passé ce délai ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie : il est en situation irrégulière.

- la mesure est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2024, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient qu'il a délivré à l'intéressé une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour ; il ne justifie d'aucune diligence pour se faire délivrer une nouvelle attestation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Au regard de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision "

3. Postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet a délivré au requérant une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour qui l'autorise à travailler. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions en référé de M. B tendant à ce que le tribunal enjoigne au préfet de lui délivrer un tel document.

4. Enfin, il n'appartient pas au juge du référé statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour de M. B en exécution d'une précédente décision du Tribunal. Ces conclusions ne peuvent donc qu'être rejetées.

Sur les frais du procès :

5. La somme de 500 euros est mise à la charge de l'Etat tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que le requérant soit définitivement admis à l'aide juridictionnelle et que son avocat renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

6. Si le requérant n'est pas définitivement admis à l'aide juridictionnelle, la même somme est mise à la charge de l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à M. B.

O R D O N N E :

Article 1er :M. B est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2 :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à ce que le tribunal enjoigne au préfet de délivrer au requérant une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Article 3 :L'Etat versera la somme de 500 euros à Me Mathis en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que le requérant soit définitivement admis à l'aide juridictionnelle et que son avocat renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Si le requérant n'est pas définitivement admis à l'aide juridictionnelle, la même somme est mise à la charge de l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à M. B.

Article 4 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B, à Me Mathis et au ministre de l'Intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 7 novembre 2024.

Le juge des référés,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.