Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407474

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407474
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de la SARL Mont'alim visant à suspendre un arrêté municipal du 12 septembre 2024. Cet arrêté, pris par le maire de Montélimar sur le fondement de son pouvoir de police, imposait à l'épicerie de la société des horaires d'ouverture de 6h à 20h pendant trois mois. Le juge a estimé que la requête, fondée sur l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ne justifiait d'aucune urgence, condition nécessaire pour obtenir une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale. En conséquence, la requête a été rejetée sans débat contradictoire, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er octobre 2024, la SARL Mont'alim, représentée par Me Lemaire, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 12 septembre 2024 par lequel le maire de Montélimar a, en vertu de son pouvoir de police, ordonné que, pendant trois mois, l'épicerie qu'elle détient ouvrirait à 6 heures et fermerait à 20 heures ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Montélimar une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. M. A, gérant de la société requérante, actuellement ouverte de 16 heures à 6 heures, demande de suspendre l'exécution de l'arrêté modifiant ses horaires d'ouverture. Il vise et cite les dispositions de l'article L. 521-2 mais indique avoir introduit un recours en annulation et se prévaut de moyens d'illégalité. En tout état de cause et en admettant même qu'il ait entendu introduire un référé selon la procédure visée, le requérant ne se prévaut d'aucune urgence. Aucun élément du dossier ne permet de présumer d'une urgence et moins encore du plus haut degré de celle-ci justifiant le prononcé d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures. Dans ces conditions, la requête doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Mont'alim est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Mont'alim.

Fait à Grenoble, le 1er octobre 2024.

La juge des référés,

A. B

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.