Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407481

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407481
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme D A, ressortissante tunisienne, qui contestait le refus implicite du préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour "vie privée et familiale". Le juge a estimé qu'aucun élément ne permettait de retenir que ce refus serait manifestement illégal, condition nécessaire pour ordonner des mesures de sauvegarde d'une liberté fondamentale. En conséquence, la demande d'injonction de délivrance d'un titre de séjour et les conclusions accessoires ont été rejetées, seule l'aide juridictionnelle provisoire étant accordée. La décision se fonde sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er octobre 2024, Mme B E épouse D A, représentée par la SARL Novas Avocats, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Isère a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Compte tenu de l'urgence qu'il y a à statuer sur le recours de Mme D A, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Ressortissante tunisienne qui indique être arrivée en France en décembre 2017, Mme D A est mariée avec un compatriote, autorisé au séjour par un récépissé durant l'instruction du renouvellement de son titre de séjour annuel qui a expiré le 6 août 2024. Elle indique avoir elle-même été provisoirement autorisée au séjour de mars 2023 au 17 septembre 2024 en raison de l'état de santé de leur fils et avoir demandé le 24 mai 2024 un titre de séjour sur le fondement de sa vie privée et familiale sans qu'un récépissé ne lui ait été délivré.

4. Ainsi que le fait valoir Mme D A, sa demande de titre de séjour a été implicitement rejetée, de sorte qu'il ne peut être enjoint au préfet de lui délivrer un récépissé. En l'état aucun élément ne permet de retenir que ce refus serait manifestement illégal. Dans ces circonstances, les conclusions en injonction présentées et, par voie de conséquence, celles au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme D A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme D A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B E épouse D A.

Fait à Grenoble, le 1er octobre 2024.

La juge des référés,

A. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.