Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407484
mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407484 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | 2ème Chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une lettre enregistrée le 22 mai 2024, Mme C B a saisi le tribunal administratif de Grenoble d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 2204839 rendu le 29 janvier 2024 par lequel le tribunal a enjoint à l'Agence nationale de l'habitat de statuer à nouveau sur la demande de subvention de Mme B dans un délai de 2 mois à compter du 29 janvier 2024, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Par une demande enregistrée le 20 septembre 2024, M. et Mme B demandent au
tribunal de liquider l'astreinte compte tenu du retard à exécuter la décision.
Par une ordonnance en date du 30 septembre 2024, le président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Par des mémoires enregistrés le 30 septembre, 18 octobre et 9 novembre 2024, Mme et M. B demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner l'Agence nationale de l'habitat à verser la prime d'un montant de 1300 euros et non de 1000 euros maximum ;
2°) de liquider les 50 euros d'astreinte par jour de retard jusqu'au jour de versement de la prime ;
3°) de condamner l'Agence nationale de l'habitat à verser la somme de 2000 euros à titre de dommages et intérêts.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2024, l'Agence nationale de l'habitat conclut au non-lieu à statuer.
Elle soutient que :
- il n'est pas contesté que l'exécution effective du jugement est intervenue au-delà du délai initialement prévu. Toutefois, le dispositif du jugement prévoit que l'Agence nationale de l'habitat devait se prononcer à nouveau sur la demande de subvention de Mme B, ce qui a conduit l'agence à procéder à une nouvelle instruction complète du dossier de la requérante. A l'issue de cette nouvelle instruction, par une décision du 15 octobre 2024, l'agence s'est prononcée sur la demande de prime de Mme B et a décidé de lui octroyer une prime estimée à un montant de 1 000 euros. L'Agence nationale de l'habitat a donc procédé à l'exécution du jugement du 29 janvier 2024 ;
- les surplus des conclusions est irrecevable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sauveplane,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 29 janvier 2024, le tribunal administratif a annulé la décision implicite de la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat rejetant le recours administratif préalable obligatoire de Mme B et a enjoint à l'Agence nationale de l'habitat de se prononcer à nouveau sur la demande de Mme B dans un délai de 2 mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
2. A la suite de cette décision, la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat s'est prononcée par une décision du 15 octobre 2024 et a accordé à Mme B une prime d'un montant estimé à 1000 euros. Dès lors, quel que soit le retard mis par l'Agence nationale de l'habitat pour exécuter le jugement du tribunal, celle-ci doit être regardée comme ayant exécuté le jugement du 29 janvier 2024. Par suite, la requête est devenue sans objet. Il n'y a donc pas lieu de liquider l'astreinte prononcée par le jugement du 29 janvier 2024.
3. Si Mme et M. B soutiennent que la prime de transition énergétique devait être d'un montant de 1300 euros et non de 1000 euros comme attribuée par l'Agence nationale de l'habitat, ils soulèvent ainsi un litige distinct qui ne se rapporte pas à l'exécution du jugement et dont il n'appartient pas au tribunal de connaître dans le cadre de la présente instance. Il leur revient de contester, le cas échéant, la décision de l'Agence nationale de l'habitat prise après le dépôt de la demande de paiement de la prime. Il en va de même des conclusions tendant à la condamnation de l'Agence nationale de l'habitat à leur verser la somme de 2000 euros à titre de dommages et intérêts. Il suit de là que ces conclusions doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions en exécution de la requête de Mme et M. B.
Article 2 :Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme et M. B et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme D, première-conseillère,
- Mme A, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne,
C. D
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie ce qui les concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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