Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407521
jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407521 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er octobre 2024, la société Quick-off, représentée par son cofondateur, conteste la décision d'attribution de l'appel d'offres N°2024A0113 concernant la plateforme de gestion des bénévoles pour les grands événements sportifs et culturels de Haute-Savoie.
Elle soutient que la société est actuellement la seule à proposer une "plateforme communautaire" clé en main, comme spécifiée dans l'appel d'offres ; il lui semble donc difficilement envisageable, pour ne pas dire impossible que le candidat retenu puisse développer une telle fonctionnalité dans les budgets indiqués ; contrairement au candidat retenu, la société requérante n'a eu aucun échange avec l'acheteur concernant son offre tarifaire (aucune discussion, aucune négociation) ; le rapport d'analyse des offres indique que l'acheteur n'a pas pu utiliser les formules pour étudier les offres anormalement basses, bien qu'il y ait eu suspicion comme mentionné dans le courrier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans les cas mentionnés à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation.". Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat.
4. La société Quick-off forme un recours auprès du Tribunal administratif suite au rejet de son offre dans le cadre de l'appel d'offres lancé par le département de Haute-Savoie portant sur une plateforme de gestion des bénévoles pour les grands événements sportifs et culturels du département. A supposer que la société requérante ait entendu, par ce courrier, introduire un recours contre la décision en date du 1er octobre 2024 par laquelle le département de Haute-Savoie a rejeté son offre, elle ne précise pas le fondement juridique de sa demande et, en particulier, si elle entend se placer dans le cadre des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative régissant le référé précontractuel.
5. En second lieu, indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles.
6. Les dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, rappelées au point 2, sont applicables au recours intenté par un concurrent évincé pour contester la validité d'un contrat administratif. Si tout concurrent évincé de la conclusion d'un marché est recevable, postérieurement à sa signature, à en contester la validité et, à ce titre, à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction, la société requérante ne produit pas, en l'état, le contrat en litige. Elle ne justifie pas davantage de diligences entreprises en vue de l'obtenir ni de l'impossibilité de se le procurer.
7. Enfin, dès lors que la requête n'est pas adressée au juge des référés et ne constitue donc pas un référé précontractuel, mais se présente comme tendant à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision attribuant le marché au candidat Weezevent, eu égard à ce qui a été dit au point 5 ci-dessus, une telle requête est donc manifestement irrecevable. En outre, il n'entre pas dans les attributions des tribunaux administratifs de donner des conseils aux requérants, ni de faire oeuvre d'administrateur ou de prononcer des injonctions à l'égard de l'administration en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Enfin, la société Quick-off ne développe, en l'état, aucun moyen de droit à l'appui d'un recours de plein contentieux, en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Dès lors, cette requête est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, pour ce motif, être rejetée en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Quick-off est rejetée
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Quick-off .
Fait à Grenoble le 3 octobre 2024.
Le président de la 6ème Chambre,
C.Vial-Pailler
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2407521
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