Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407630

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407630
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Grenoble, rendue le 8 octobre 2024, rejette la requête en référé de Mme B, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de lui délivrer un rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour "salarié". Le juge des référés a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le titre de séjour de la requérante n'expirant que le 22 novembre 2024 et celle-ci ne justifiant pas d'une impossibilité d'obtenir un rendez-vous dans un délai utile. La solution retenue est donc le rejet de la requête pour défaut d'urgence, sans qu'il soit nécessaire d'examiner le bien-fondé de la demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er octobre 2024, Mme C B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer en toute urgence un rendez-vous en vue de la délivrance du renouvellement de son titre de séjour, sous astreinte de 700 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer en toute urgence le titre de séjour sollicité lui permettant d'exercer une activité salariée dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 700 euros par jour de retard, ou de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Il résulte de l'instruction que Mme B est titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " valable jusqu'au 22 novembre 2024. Si elle fait valoir qu'après avoir déposé une pré-demande sur le téléservice ANEF le 25 juin 2024, elle a tenté en vain à plusieurs reprises d'obtenir un rendez-vous en préfecture, elle ne se prévaut d'aucune situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés, alors que son titre n'expire que dans un mois et demi et qu'elle ne justifie pas, à la date de la présente ordonnance, de l'impossibilité pour elle d'obtenir un rendez-vous dans un délai utile. Par suite, en l'état de l'instruction la requête de Mme B doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B.

Fait à Grenoble, le 8 octobre 2024.

Le juge des référés,

V. A

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.