Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407677

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407677
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Cette ordonnance du juge des référés du Tribunal Administratif de Grenoble rejette la demande de suspension d’un arrêté préfectoral de mise en demeure de quitter un logement, présentée par Mme C sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. La requête est jugée manifestement irrecevable car la requérante n’a pas saisi la juridiction d’une requête distincte en annulation de l’arrêté, ni produit de copie d’une telle requête, en méconnaissance de l’article R. 522-1 du même code. En application de l’article L. 522-3, le juge rejette la requête sans examiner l’urgence ou le doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2024, Mme A C doit être regardée comme demandant au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté par lequel le préfet de la Savoie l'a mise en demeure ainsi que tous les occupants de son chef de quitter le logement sis 331 rue du Mâconnais à Chambéry dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'arrêté ;

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative ;

- la décision du président du tribunal désignant Mme B comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. L'article L. 522-3 du code de justice administrative dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative permet au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. L'article R. 522-1 du même code dispose que : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".

3. Mme C ne justifie pas avoir saisi la juridiction, par une requête distincte, d'une demande tendant à l'annulation de l'arrêté en litige en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 522-1 du code de justice administrative. Elle ne produit pas davantage, dans le cadre de l'instance en référé, de copie de la requête aux fins d'annulation de cette décision. Par suite, la requête, qui est manifestement irrecevable, doit ainsi être rejetée dans tous ses conclusions, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er :La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Copie en sera adressée au préfet de la Savoie.

Fait à Grenoble, le 7 octobre 2024.

La juge des référés,

A. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2407677