Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407685

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2407685
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B. Celle-ci demandait d'ordonner au préfet de l'Isère de lui fixer un rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour, en invoquant une atteinte grave à ses libertés fondamentales. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car Mme B était à l'origine de l'urgence qu'elle invoquait, son titre ayant expiré depuis deux mois. La requête a été rejetée comme manifestement mal fondée, sans qu'il soit nécessaire d'examiner le fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2024, Mme B, représenté par Me Combes, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet de l'Isère de lui accorder un rendez-vous en préfecture dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, lequel devra avoir lieu dans un délai d'une semaine à compter de l'ordonnance à intervenir, pour l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour et la remise d'un récépissé l'autorisant à travailler ;

2°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'État la somme de 1200 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique à verser à son avocat, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle,

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie : son contrat de travail a été suspendu et elle est privée de ses ressources ;

- le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'occuper un emploi, à son droit au respect de sa vie privée, de mener une vie privée normale et de sa liberté d'aller et venir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose que le juge des référés peut rejeter par une ordonnance motivée, sans procédure contradictoire écrite ou orale, une requête manifestement mal fondée ou ne présentant pas un caractère d'urgence.

2. En l'espèce, Mme B saisit le juge des référés le 7 octobre 2024 alors que son titre de séjour a expiré le 4 août 2024 et que son contrat de travail a été suspendu le 8 septembre 2024. Par suite, elle est à l'origine de l'urgence qu'elle invoque et ne justifie pas d'une urgence justifiant le prononcé d'une mesure à très bref délai sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, pour obtenir un rendez-vous en préfecture. Il lui appartient en revanche, si elle s'y croit fondée, de saisir le juge des référés des mêmes conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée pour information au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 10 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

juge des référés,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.